Sciences · Astronomie et espace
Les météorites
Une météorite est un fragment de corps céleste, le plus souvent d’astéroïde, qui a traversé l’atmosphère sans se consumer et atteint la surface de la Terre. La plupart sont plus vieilles que la Terre elle-même.
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Chaque année, des milliers de tonnes de matière extraterrestre tombent sur la Terre, presque uniquement sous forme de poussières microscopiques. Les fragments plus gros, capables d’arriver au sol, sont plus rares et précieux : ils sont les seuls échantillons d'astéroïdes, de la Lune et de Mars que l’on peut étudier en laboratoire sans mission spatiale. Certains contiennent les plus anciens minéraux du système solaire, datés de 4,567 milliards d’années.
Météoroïde, météore, météorite : ne pas confondre
| Terme | Définition |
|---|---|
| Météoroïde | Petit corps (de la poussière à environ un mètre) qui circule dans l’espace |
| Météore (étoile filante) | Phénomène lumineux produit par un météoroïde qui pénètre dans l’atmosphère à grande vitesse et s’échauffe |
| Bolide | Météore particulièrement brillant, souvent plus lumineux que Vénus |
| Météorite | Fragment qui a survécu à la traversée et atteint le sol |
| Micrométéorite | Poussière extraterrestre de moins d’un millimètre parvenue au sol |
Un météoroïde entre dans l’atmosphère à une vitesse de 11 à 72 km/s. Le frottement et la compression de l’air portent sa surface à plusieurs milliers de degrés : il s’illumine vers 80 à 120 km d’altitude. La plupart se volatilisent entièrement. Les plus gros sont freinés par l’air et terminent leur chute à quelques centaines de km/h, en chute libre.
D’où viennent les météorites ?
L’immense majorité provient de la ceinture d’astéroïdes, entre Mars et Jupiter : des collisions y arrachent des fragments, dont certains finissent sur une trajectoire croisant celle de la Terre. Quelques centaines de météorites connues viennent de la Lune et de Mars : elles ont été éjectées par de grands impacts. On le sait par la comparaison avec les roches lunaires rapportées par Apollo et avec la composition de l’atmosphère martienne mesurée par les sondes Viking, dont on retrouve la signature dans des bulles de gaz piégées.
Les grands types de météorites
| Famille | Composition | Proportion des chutes observées | Origine |
|---|---|---|---|
| Chondrites | Pierres contenant de petites billes, les chondres, figées dans la nébuleuse primitive | environ 85 % | Astéroïdes restés primitifs, jamais fondus |
| Achondrites | Pierres sans chondres, d’aspect volcanique | environ 8 % | Astéroïdes différenciés (comme Vesta), Lune, Mars |
| Météorites de fer (sidérites) | Alliage de fer et de nickel | environ 5 % | Noyaux d’astéroïdes fragmentés |
| Météorites mixtes (sidérolithes) | Fer-nickel et silicates, comme les pallasites aux cristaux d’olivine | environ 1 % | Limite noyau-manteau d’astéroïdes |
Les chondrites carbonées, une catégorie rare de chondrites, contiennent de l’eau liée aux minéraux et des molécules organiques, dont des acides aminés. Celle de Murchison (Australie, 1969) en est un exemple célèbre (voir origine de la vie). Une autre, tombée la même année à Allende (Mexique), renferme des inclusions qui comptent parmi les plus anciens solides du système solaire.
Sciées et polies, les météorites de fer révèlent souvent des figures de Widmanstätten, un entrelacs de cristaux qui ne se forme qu’en refroidissant de quelques degrés par million d’années, impossible à produire sur Terre.
Chutes et météorites célèbres
| Météorite ou événement | Lieu | Date | Particularité |
|---|---|---|---|
| Ensisheim | Alsace | 7 novembre 1492 | Plus ancienne chute observée dont un fragment est conservé en Europe ; environ 127 kg |
| L’Aigle | Orne | 26 avril 1803 | Pluie de près de 3 000 pierres ; le rapport du physicien Jean-Baptiste Biot convainc l’Académie des sciences que les pierres tombent du ciel |
| Hoba | Namibie | découverte en 1920 | Plus grosse météorite connue, environ 60 tonnes, jamais déplacée |
| Toungouska | Sibérie | 30 juin 1908 | Explosion en altitude qui abat environ 80 millions d’arbres sur 2 000 km², sans météorite retrouvée |
| ALH 84001 | Antarctique | trouvée en 1984 | Météorite martienne ; en 1996, des structures interprétées comme des microfossiles ont fait sensation, une hypothèse aujourd’hui rejetée par la plupart des chercheurs |
| Tcheliabinsk | Russie | 15 février 2013 | Explosion d’un objet d’environ 20 m ; plus de 1 000 blessés par les vitres brisées |
L'Antarctique est le meilleur terrain de recherche : les météorites y sont faciles à repérer sur la glace et les mouvements des glaciers les concentrent en certains points. Les déserts chauds (Sahara, Atacama) en livrent aussi beaucoup.
Les cratères d’impact
Les objets les plus gros ne sont presque pas freinés par l’atmosphère et percutent le sol à pleine vitesse, en libérant une énergie colossale qui creuse un cratère, bien plus grand que l’objet lui-même.
- Meteor Crater (Arizona) : environ 1,2 km de diamètre, creusé il y a environ 50 000 ans par une météorite de fer d’une cinquantaine de mètres.
- Rochechouart (Haute-Vienne) : astroblème d’environ 200 millions d’années, très érodé, dont le cratère d’origine mesurait plusieurs dizaines de kilomètres ; c’est le plus grand impact connu en France.
- Chicxulub (Mexique) : environ 180 km, il y a 66 millions d’années, lié à l’une des grandes extinctions de masse.
- Vredefort (Afrique du Sud) : le plus grand cratère connu sur Terre, environ 2 milliards d’années, dont la structure d’origine dépassait 150 km.
On connaît environ 200 cratères d’impact sur Terre, beaucoup moins que sur la Lune, car l’érosion, la végétation et la tectonique des plaques les effacent.
Comment reconnaître une météorite ?
Plusieurs indices orientent, sans remplacer l’analyse d’un spécialiste :
- une croûte de fusion : une fine pellicule noire ou brune, mate ou légèrement brillante, formée lors de la traversée de l’atmosphère ;
- une densité élevée : la pierre paraît lourde pour sa taille, surtout s’il s’agit d’une météorite de fer ;
- un magnétisme : la plupart attirent un aimant, car elles contiennent du fer métallique ;
- des regmaglyptes : petites cupules à la surface, comme des empreintes de doigts dans de la pâte ;
- pas de bulles ni de cristaux de quartz : une roche vésiculée est en général une scorie ou une roche volcanique.
Les « météorites » proposées aux musées sont le plus souvent des scories industrielles, des nodules de fer ou de la magnétite. Le réseau de caméras FRIPON, déployé en France depuis 2016 et associé au programme de sciences participatives Vigie-Ciel, permet de calculer la zone de chute des bolides et d’organiser des recherches.
Questions fréquentes
Une météorite est-elle brûlante quand elle tombe ?
Généralement non. L’échauffement ne dure que quelques secondes et ne touche que la surface ; ensuite, pendant la chute freinée, la pierre traverse l’air très froid de la haute atmosphère. Les témoins décrivent des météorites tièdes, parfois même givrées.
Une météorite peut-elle tuer quelqu’un ?
Le risque individuel est infime. Le seul cas bien documenté de blessure directe est celui d’Ann Hodges, en Alabama, touchée à la hanche par une météorite qui a traversé le toit de sa maison en 1954. Les blessés de Tcheliabinsk l’ont été par l’onde de choc.
Combien vaut une météorite ?
Le prix dépend de la rareté du type et de l’état : de quelques euros le gramme pour une chondrite ordinaire à des centaines ou des milliers d’euros le gramme pour une météorite lunaire ou martienne. Leur intérêt scientifique dépasse de loin leur valeur marchande.