Santé et secours · Urgences courantes
Réaction allergique grave et anaphylaxie
L’anaphylaxie est une réaction allergique grave, rapide et potentiellement mortelle. Si la personne a un stylo d’adrénaline, injectez-le sans attendre dans la cuisse, puis appelez le 15.
Mis à jour le 4 min de lecture
Une réaction allergique est une réponse excessive du système immunitaire à une substance habituellement inoffensive (aliment, venin, médicament, latex). Le plus souvent, elle reste limitée à la peau : démangeaisons, plaques d’urticaire. L'anaphylaxie est sa forme la plus grave : elle touche plusieurs organes à la fois, s’installe en quelques minutes à quelques heures et peut entraîner une détresse respiratoire, une chute brutale de la tension (choc anaphylactique) et un arrêt cardiaque. Le traitement d’urgence est l'adrénaline : plus elle est injectée tôt, plus elle est efficace.
Reconnaître une anaphylaxie
Les signes apparaissent généralement dans les minutes (parfois jusqu’à deux heures) qui suivent le contact avec l’allergène. Évoquez une anaphylaxie devant une atteinte brutale de plusieurs de ces systèmes :
| Organe | Signes |
|---|---|
| Peau et muqueuses | Urticaire, rougeur, démangeaisons, gonflement des lèvres, de la langue, des paupières (œdème) |
| Respiration | Gonflement de la gorge, voix rauque, difficulté à avaler, toux, sifflement, essoufflement, sensation d’étouffer |
| Circulation | Malaise, pâleur, pouls rapide et faible, étourdissement, perte de connaissance |
| Digestif | Douleurs abdominales, vomissements, diarrhée (en particulier avec un aliment ou une piqûre) |
| Général | Sensation de mort imminente, angoisse intense |
Que faire, étape par étape
- Supprimez l’allergène si possible : arrêtez la perfusion du médicament, retirez le dard d’abeille en le grattant avec un ongle ou une carte, faites recracher l’aliment. Ne perdez pas de temps.
- Injectez l’adrénaline si la personne dispose d’un stylo auto-injecteur prescrit : retirez le bouchon de sécurité, appliquez l’extrémité sur la face externe de la cuisse (à travers les vêtements si nécessaire), appuyez fermement et maintenez quelques secondes selon la notice. Notez l’heure.
- Appelez le 15 ou le 112, même si l’état s’améliore après l’injection : les symptômes peuvent revenir.
- Installez la personne : allongée, jambes surélevées, si elle est pâle, faible ou fait un malaise ; assise si elle a surtout du mal à respirer ; en PLS si elle est inconsciente et respire. Ne la mettez pas debout et ne la faites pas marcher : un passage brusque à la station debout peut provoquer un arrêt cardiaque.
- Une seconde injection peut être faite 5 à 15 minutes après la première si les symptômes persistent ou s’aggravent et qu’un second stylo est disponible, selon les consignes du 15.
- Si elle ne respire plus normalement : massage cardiaque et défibrillateur.
- Surveillez-la en permanence jusqu’à l’arrivée des secours. Elle devra être surveillée à l’hôpital, car une réaction secondaire est possible dans les heures qui suivent.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne pas attendre pour injecter l’adrénaline par crainte de mal faire : chez une personne qui a un stylo prescrit, le bénéfice dépasse largement les risques.
- Ne pas compter sur un antihistaminique ou un corticoïde seuls : ils n’agissent pas assez vite et ne remplacent pas l’adrénaline.
- Ne pas faire lever ou marcher la personne.
- Ne pas la laisser seule ou repartir chez elle après l’injection.
- Ne pas donner à boire ou à manger.
Les causes principales
| Allergène | Exemples |
|---|---|
| Aliments (première cause chez l’enfant) | Arachide, fruits à coque, lait, œuf, poisson, crustacés, sésame, blé, soja |
| Venins d’hyménoptères | Abeilles, guêpes, frelons |
| Médicaments (fréquents chez l’adulte) | Certains antibiotiques, anti-inflammatoires, produits anesthésiques, produits de contraste |
| Autres | Latex, effort physique associé à un aliment |
Réaction allergique légère : que faire ?
Une réaction limitée à la peau (quelques plaques d’urticaire, démangeaisons) sans gêne respiratoire ni malaise n’est pas une anaphylaxie. Éloignez l’allergène, surveillez la personne pendant plusieurs heures, et demandez conseil à un médecin ou un pharmacien : un antihistaminique peut soulager. Au moindre signe respiratoire, digestif important ou de malaise, appliquez la conduite de l’anaphylaxie.
Prévention
- Consulter un allergologue après toute réaction allergique sévère, pour identifier l’allergène.
- Avoir toujours sur soi deux stylos d’adrénaline si le médecin les a prescrits, et savoir les utiliser ; vérifier leur date de péremption.
- Informer l’entourage, l’école (projet d’accueil individualisé en France), les collègues, le personnel des restaurants.
- Lire attentivement les étiquettes : les 14 allergènes majeurs doivent y être signalés dans l’Union européenne.
- Porter une carte ou un bracelet signalant l’allergie.
- Pour les allergies aux venins, une désensibilisation peut être proposée.
Questions fréquentes
Combien de temps après le contact une anaphylaxie survient-elle ?
Le plus souvent dans les minutes qui suivent, en particulier après une piqûre ou un médicament injecté, et généralement dans les deux heures pour un aliment.
Peut-on utiliser le stylo d’adrénaline d’une autre personne ?
En situation d’urgence vitale, sur consigne du médecin régulateur du 15, cela peut être envisagé. Le plus sûr reste d’appeler immédiatement et de suivre ses instructions.
Faut-il aller à l’hôpital après une injection d’adrénaline ?
Oui, toujours. L’effet de l’adrénaline est bref et une réaction peut réapparaître dans les heures qui suivent.
Quelle différence entre œdème de Quincke et anaphylaxie ?
L’œdème de Quincke (angio-œdème) est un gonflement profond de la peau et des muqueuses, en particulier du visage et de la gorge. Il peut faire partie d’une anaphylaxie et devient une urgence vitale s’il touche la gorge et gêne la respiration.