Santé et secours · Urgences courantes
Fracture : que faire
Devant une suspicion de fracture, on ne remet jamais l’os en place : on immobilise le membre tel qu’il est, on appelle le 15 ou le 112 et on surveille. Une fracture ouverte se couvre sans toucher l’os.
Mis à jour le 4 min de lecture
Une fracture est une rupture d’un os, partielle ou complète (voir squelette et os). Elle résulte le plus souvent d’un choc, d’une chute ou d’une torsion, mais peut survenir pour un traumatisme minime quand l’os est fragilisé par l'ostéoporose. On distingue la fracture fermée, où la peau est intacte, et la fracture ouverte, où la peau est déchirée et l’os parfois visible, avec un risque d’infection et d’hémorragie. Le témoin n’a pas à poser de diagnostic : il suffit de suspecter une fracture pour adopter les bons gestes.
Reconnaître une fracture
- douleur vive à l’endroit du choc, augmentée par le moindre mouvement ;
- impossibilité ou grande difficulté à bouger le membre ou à prendre appui ;
- déformation, raccourcissement ou position anormale du membre ;
- gonflement et hématome qui apparaissent rapidement ;
- parfois un craquement entendu au moment de l’accident ;
- plaie avec os visible en cas de fracture ouverte.
Certaines fractures sont peu spectaculaires : une personne peut marcher avec une fissure du pied ou bouger le poignet malgré une fracture. En cas de doute, il faut consulter.
Les gestes de premiers secours
- Protéger : écarter le danger (circulation, chute d’objets) sans déplacer la victime si possible.
- Alerter le 15 ou le 112 (voir alerter les secours) en précisant les circonstances, la localisation de la douleur, l’état de conscience.
- Ne pas mobiliser le membre et demander à la victime de ne pas bouger.
- Immobiliser dans la position où il se trouve : caler le membre avec des vêtements roulés, des couvertures ou des coussins ; pour un bras, la victime peut le soutenir elle-même contre le thorax avec l’autre main, ou on réalise une écharpe.
- Fracture ouverte : ne pas toucher l’os ni le remettre sous la peau ; recouvrir la plaie d’un linge propre ou d’un pansement stérile ; en cas de saignement abondant, comprimer autour de l’os, jamais dessus (voir hémorragie).
- Appliquer du froid enveloppé dans un linge sur une fracture fermée, si cela soulage, sans déplacer le membre.
- Couvrir la victime, la rassurer et surveiller sa conscience et sa respiration.
- Ne rien donner à boire ni à manger : une opération sous anesthésie peut être nécessaire.
Le cas de la colonne vertébrale
Après une chute de hauteur, un accident de la route, un plongeon en eau peu profonde ou un choc violent sur la tête, il faut suspecter une lésion de la colonne : douleur du cou ou du dos, fourmillements, faiblesse ou perte de sensibilité des membres. Ne pas bouger la victime, maintenir sa tête dans l’axe du corps en la tenant des deux mains si elle est consciente et immobile, et attendre les secours. Si elle est inconsciente et respire, et que vous êtes seul, la position latérale de sécurité reste indiquée pour protéger les voies respiratoires, en limitant les mouvements de la tête. Après un choc à la tête, surveiller aussi les signes de commotion cérébrale.
Fractures fréquentes selon l’âge
| Âge | Fractures fréquentes |
|---|---|
| Enfant | Poignet, avant-bras, coude, clavicule ; fractures « en bois vert » de l’os souple |
| Adulte jeune | Fractures liées au sport et aux accidents : poignet, cheville, doigts, jambe |
| Personne âgée | Col du fémur après une chute, poignet, vertèbres, liés à l’ostéoporose |
Chez la personne âgée, une chute suivie d’une douleur de hanche et d’un pied tourné vers l’extérieur évoque une fracture du col du fémur : ne pas la relever, la couvrir et appeler le 15.
Après la fracture
Le médecin confirme la fracture par une radiographie. Le traitement repose sur une immobilisation (plâtre, résine, attelle) de quelques semaines, ou sur une opération pour fixer l’os (vis, plaque, clou) lorsque la fracture est déplacée ou instable. La consolidation prend en général de 4 à 12 semaines selon l’os et l’âge, et la rééducation aide à retrouver la mobilité.
Questions fréquentes
Peut-on avoir une fracture sans le savoir ?
Oui, notamment les petites fissures des côtes, des orteils ou du poignet, ou les fractures de vertèbres liées à l’ostéoporose. Une douleur qui persiste après un choc doit faire consulter.
Faut-il se rendre aux urgences par ses propres moyens ?
Pour une petite fracture probable du poignet ou d’un doigt, un proche peut accompagner la personne, membre immobilisé. Pour une fracture de la jambe, du bassin, de la colonne, une fracture ouverte ou une victime âgée, il faut appeler les secours.
Les côtes cassées se plâtrent-elles ?
Non. Une fracture de côte simple se traite par des antalgiques et des exercices respiratoires. Un essoufflement, une douleur intense ou des crachats de sang imposent une consultation en urgence.