Nature et animaux · Insectes
Le moustique
Les moustiques sont des insectes de la famille des Culicidés, dont seules les femelles piquent. Vecteurs du paludisme, de la dengue ou du chikungunya, ce sont les animaux les plus meurtriers pour l’homme.
Mis à jour le 4 min de lecture
On connaît environ 3 500 espèces de moustiques dans le monde et environ 65 en France métropolitaine. Toutes ne piquent pas l’homme, et beaucoup ne transmettent aucune maladie. Mais quelques genres, Anopheles, Aedes et Culex, sont responsables de centaines de milliers de morts chaque année, principalement par le paludisme.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Ordre / famille | Diptères / Culicidés |
| Taille | 3 à 10 mm environ |
| Durée de vie de l’adulte | quelques semaines en général ; certaines femelles hivernent |
| Régime | Mâles et femelles : nectar et jus sucrés ; femelles : sang (repas de ponte) |
| Développement | Œuf, larve et nymphe aquatiques ; adulte aérien |
| Principaux genres | Culex (moustique commun), Aedes (dont le moustique tigre), Anopheles |
Pourquoi le moustique pique-t-il ?
Seule la femelle pique : les protéines du sang lui sont nécessaires pour produire ses œufs. Le reste du temps, mâles et femelles se nourrissent de nectar.
Pour trouver sa cible, elle détecte :
- le dioxyde de carbone expiré, à plusieurs dizaines de mètres ;
- les odeurs corporelles (acide lactique, composés de la sueur et des bactéries cutanées), qui expliquent pourquoi certaines personnes sont plus piquées que d’autres ;
- la chaleur et l’humidité de la peau, à courte distance.
Sa trompe est un faisceau de six stylets fins qui percent la peau et cherchent un capillaire. Elle injecte de la salive contenant des anticoagulants : c’est cette salive qui déclenche la réaction de la peau (bouton, démangeaison) et qui transmet, le cas échéant, les agents pathogènes.
Le cycle de vie
- Œufs : pondus à la surface de l’eau (en radeaux chez Culex) ou sur des parois humides juste au-dessus de l’eau (Aedes), où ils peuvent résister des mois au sec.
- Larve : aquatique, elle respire en surface grâce à un siphon et se nourrit de micro-organismes. Elle mue quatre fois.
- Nymphe : mobile mais sans se nourrir, en forme de virgule.
- Adulte : il émerge à la surface de l’eau.
Le cycle complet ne prend qu'une à deux semaines par temps chaud. Quelques centilitres d’eau stagnante, dans une soucoupe ou un pneu, suffisent aux larves de moustique tigre.
Les maladies transmises
| Maladie | Agent | Moustique vecteur | Où |
|---|---|---|---|
| Paludisme | Parasite Plasmodium | Anopheles | Afrique subsaharienne surtout, Asie, Amérique du Sud |
| Dengue | Virus | Aedes aegypti, Aedes albopictus | Zones tropicales ; cas autochtones en France métropolitaine |
| Chikungunya | Virus | Aedes | Zones tropicales, La Réunion ; cas autochtones en Europe |
| Zika | Virus | Aedes | Amérique latine, Pacifique |
| Fièvre jaune | Virus | Aedes, Haemagogus | Afrique, Amérique du Sud (vaccin) |
| Fièvre du Nil occidental | Virus | Culex | Pourtour méditerranéen, dont le sud de la France |
Le paludisme reste la plus meurtrière : selon l’Organisation mondiale de la santé, il cause environ 600 000 décès par an, en grande majorité des enfants de moins de 5 ans en Afrique. Le moustique n’est pas malade lui-même : il transmet l’agent infectieux d’une personne à une autre.
Le moustique tigre en France
On le reconnaît à sa petite taille (moins de 1 cm), à sa couleur noire rayée de blanc sur le corps et les pattes. Contrairement au moustique commun, il pique surtout le jour, en particulier le matin et en fin d’après-midi, et vit près des habitations.
Il peut transmettre la dengue, le chikungunya et le zika lorsqu’il pique une personne infectée, souvent de retour de voyage, puis une autre personne. Les cas de dengue autochtone, rares avant 2020, se multiplient chaque été dans le sud de la France. Santé publique France assure une surveillance renforcée de mai à novembre.
Se protéger
La lutte la plus efficace consiste à supprimer les eaux stagnantes, où pondent les moustiques tigres :
- vider chaque semaine soucoupes, seaux, arrosoirs, jouets, bâches ;
- couvrir les récupérateurs d’eau de pluie d’une moustiquaire ;
- curer gouttières et regards ;
- ranger à l’abri ce qui peut se remplir d’eau.
Et pour limiter les piqûres :
- répulsifs cutanés adaptés à l’âge (avis d’un pharmacien pour les enfants et les femmes enceintes) ;
- vêtements longs et amples ;
- moustiquaires, ventilateur la nuit ;
- en voyage en zone de paludisme, consulter un médecin avant le départ pour un éventuel traitement préventif.
Les bracelets anti-moustiques, les ultrasons et les plantes répulsives n’ont pas fait la preuve de leur efficacité. Pour soulager un bouton et repérer les signes d’alerte, voir piqûre d’insecte. Une fièvre dans les semaines suivant un séjour en zone tropicale impose de consulter rapidement.
Le rôle écologique du moustique
Les larves de moustiques nourrissent poissons, larves de libellules et d’amphibiens ; les adultes sont mangés par les hirondelles, les martinets, les chauves-souris et les araignées. Les mâles, et les femelles en partie, butinent et participent modestement à la pollinisation. Dans l’Arctique, les essaims de moustiques sont une ressource importante pour les oiseaux migrateurs (voir toundra).
Questions fréquentes
Pourquoi certaines personnes sont-elles plus piquées ?
Les femelles sont attirées par le CO₂, la chaleur et surtout les odeurs de la peau, qui dépendent en partie des bactéries cutanées et varient fortement d’une personne à l’autre. Les femmes enceintes et les personnes qui transpirent ou ont bu de la bière sont souvent plus piquées.
Le moustique peut-il transmettre le VIH ?
Non. Le virus du sida ne survit pas et ne se multiplie pas dans le moustique, et celui-ci n’injecte pas le sang d’une piqûre précédente.
Pourquoi les moustiques sifflent-ils ?
Le son provient du battement de leurs ailes, plusieurs centaines de fois par seconde. Mâles et femelles accordent la fréquence de leurs vols lors de la rencontre.