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Nature et animaux · Insectes

Les araignées

Les araignées sont des arachnides à huit pattes, prédatrices, qui produisent de la soie. Plus de 50 000 espèces sont décrites dans le monde, environ 1 700 en France, où presque aucune n’est dangereuse pour l’homme.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les araignées ne sont pas des insectes : elles appartiennent à la classe des arachnides, avec les scorpions, les acariens (dont les tiques) et les opilions. Présentes sur tous les continents sauf l’Antarctique, elles comptent parmi les principaux prédateurs d’insectes de la planète. On estime qu’elles consomment chaque année plusieurs centaines de millions de tonnes de proies.

Araignée ou insecte ?

CritèreAraignéeInsecte
Pattes86
Parties du corps2 : céphalothorax et abdomen3 : tête, thorax, abdomen
AntennesAucuneUne paire
AilesJamaisSouvent
YeuxSimples, généralement 8 (parfois 6, 4, 2 ou aucun)Composés, plus des ocelles
Pièces buccalesChélicères terminées par des crochets venimeuxMandibules, trompe, etc.

À l’avant du céphalothorax, les araignées portent aussi deux pédipalpes, sortes de petites pattes : chez le mâle, ils se terminent par un bulbe qui sert à transférer le sperme à la femelle.

La soie

Les araignées produisent la soie dans des glandes de l’abdomen et la filent par des filières. Selon l’usage, elles fabriquent jusqu’à sept types de soie : fil de sécurité, fil de charpente des toiles, fil gluant de capture, cocon pour les œufs, emballage des proies. La soie de charpente de certaines épeires est, à poids égal, plus résistante que l’acier et très élastique, ce qui en fait un modèle pour les chercheurs en matériaux.

Toutes les araignées ne tissent pas de toile

StratégieExemples
Toile géométrique (orbiculaire)Épeire diadème, argiope frelon
Toile en nappe ou en entonnoirTégénaire (araignée des maisons), agélène
Toile irrégulièrePholque, théridions
Chasse à l’affût sans toileThomise (araignée-crabe), qui change de couleur selon la fleur
Chasse activeLycoses (araignées-loups), saltiques (araignées sauteuses à excellente vue)
Vie aquatiqueArgyronète, qui vit sous l’eau dans une bulle d’air retenue par sa toile

Les jeunes de nombreuses espèces se dispersent en émettant un fil de soie emporté par le vent : c’est le vol de fils de la Vierge, visible à l’automne.

Les araignées courantes de France

EspèceOùReconnaissance
Tégénaire domestique (Tegenaria, Eratigena)Maisons, caves, garagesBrune, longues pattes velues ; les mâles errent en fin d’été
Pholque phalangide (Pholcus phalangioides)Angles des plafondsCorps fin, pattes très longues, toile lâche
Épeire diadème (Araneus diadematus)Jardins, haiesCroix blanche sur l’abdomen ; grande toile ronde en automne
Argiope frelon (Argiope bruennichi)Prairies, frichesRayée jaune, noir et blanc ; toile avec un zigzag de soie
Thomise variable (Misumena vatia)FleursBlanche ou jaune, chasse à l’affût
Saltique chevronnée (Salticus scenicus)Murs ensoleillésPetite, noire et blanche, saute sur ses proies
Lycose (Pardosa, Lycosa)Sol, pelousesFemelle transportant ses petits sur le dos

Les araignées sont-elles dangereuses ?

Presque toutes les araignées sont venimeuses, mais leurs crochets sont trop petits pour percer la peau humaine ou leur venin trop faible pour nous nuire. En France métropolitaine, seules quelques espèces peuvent provoquer une morsure notable, et elles mordent rarement :

  • la malmignatte (Latrodectus tredecimguttatus), veuve noire européenne, noire à taches rouges, présente localement dans le Midi et en Corse : sa morsure peut provoquer douleurs musculaires, crampes et malaise (latrodectisme), exceptionnellement grave ;
  • le chiracanthe (Cheiracanthium punctorium), jaune-orangé, dans les herbes hautes : morsure douloureuse, gonflement local ;
  • la recluse (Loxosceles rufescens), brune, discrète, surtout dans le Sud : morsure rare pouvant entraîner une lésion cutanée qui cicatrise lentement.

Dans le monde, quelques araignées sont réellement dangereuses : les veuves noires (Latrodectus), les recluses américaines (Loxosceles), l’atrax d’Australie (Atrax robustus) et les araignées-bananes (Phoneutria) d’Amérique du Sud. Les mygales, impressionnantes, ont pour la plupart un venin peu dangereux pour l’homme, mais certaines projettent des poils urticants.

Reproduction

Chez beaucoup d’espèces, le mâle, plus petit, s’approche prudemment de la femelle : il pince la toile selon un rythme précis, offre parfois une proie emballée (pisaures), ou danse (saltiques). Le cannibalisme sexuel, où la femelle dévore le mâle après l’accouplement, existe chez certaines espèces (argiopes, veuves noires) mais n’est pas la règle. La femelle pond ses œufs dans un cocon de soie qu’elle garde, fixe ou transporte selon l’espèce.

Utiles au jardin et à la maison

Les araignées capturent mouches, moustiques, pucerons, chenilles et autres petits insectes. Dans une maison, quelques tégénaires ou pholques limitent les insectes sans danger. Au jardin, elles sont favorisées par les haies, les herbes hautes et l’absence de pesticides (voir jardin et biodiversité).

L'arachnophobie, peur intense des araignées, est l’une des phobies les plus fréquentes ; elle se traite efficacement par des thérapies comportementales.

Questions fréquentes

Avale-t-on des araignées en dormant ?

Non. Cette affirmation est une légende : une araignée évite les vibrations, la chaleur et le souffle d’un dormeur, et aucune étude n’a jamais montré un tel phénomène.

Pourquoi voit-on plus d’araignées dans les maisons en automne ?

En fin d’été et en automne, les mâles de tégénaires deviennent adultes et quittent leur toile pour chercher des femelles. Ils errent alors dans les pièces, ce qui donne l’impression d’une invasion.

Faut-il tuer les araignées ?

Non. En France, elles sont inoffensives dans l’immense majorité des cas et utiles contre les insectes. Pour en déplacer une, il suffit de la recouvrir d’un verre, de glisser une feuille dessous et de la relâcher dehors.

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