Psychologie · Fonctionnement de l’esprit
La motivation
La motivation est l’ensemble des forces qui déclenchent, orientent et maintiennent un comportement. Elle est plus durable quand l’activité est choisie, que l’on se sent compétent et relié aux autres.
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La motivation désigne ce qui pousse une personne à agir, à choisir une direction et à persévérer malgré les obstacles. Le mot vient du latin movere, « mouvoir ». En psychologie, on la décrit selon trois dimensions : le déclenchement (se mettre en route), la direction (vers quel but) et la persistance (continuer). Contrairement à une idée répandue, la motivation n’est pas un réservoir que l’on a ou non : elle dépend fortement de la façon dont l’activité est vécue et organisée.
Motivation intrinsèque et extrinsèque
| Motivation intrinsèque | Motivation extrinsèque | |
|---|---|---|
| Source | L’activité elle-même (plaisir, intérêt, défi) | Une conséquence extérieure (récompense, note, salaire, éviter une punition) |
| Exemple | Lire un roman parce qu’il passionne | Lire un livre pour un examen |
| Persistance | Généralement élevée, surtout pour les tâches complexes | Dépend de la récompense |
| Qualité du travail | Favorise la créativité et l’apprentissage en profondeur | Efficace pour des tâches simples et bien définies |
Les deux coexistent souvent : un médecin peut aimer son métier et apprécier son salaire.
L’effet de surjustification
En 1973, Mark Lepper, David Greene et Richard Nisbett observent des enfants d’école maternelle qui aiment dessiner. Ceux à qui l’on promet une récompense pour dessiner, et qui la reçoivent, dessinent ensuite moins spontanément que les autres quand la récompense disparaît. Une récompense attendue peut transformer une activité plaisante en « travail ». Cet effet dépend des conditions : les récompenses inattendues ou les félicitations sur l’effort ont peu ou pas d’effet négatif.
La théorie de l’autodétermination
Développée par Edward Deci et Richard Ryan à partir des années 1980, c’est l’une des théories de la motivation les mieux étayées. Elle postule trois besoins psychologiques fondamentaux :
| Besoin | Définition | Ce qui le nourrit |
|---|---|---|
| Autonomie | Se sentir à l’origine de ses actions | Avoir des choix, comprendre le sens d’une tâche |
| Compétence | Se sentir efficace | Défis adaptés, retours, progrès visibles |
| Appartenance (lien social) | Se sentir relié aux autres | Relations de confiance, reconnaissance |
Quand ces besoins sont satisfaits, la motivation est plus autonome : on agit parce qu’on adhère à l’activité ou à ses valeurs, même si elle n’est pas plaisante en soi. La théorie distingue ainsi plusieurs degrés de motivation extrinsèque, de la plus contrôlée (« je le fais parce qu’on me l’impose ») à la plus intégrée (« je le fais parce que c’est important pour moi »).
Les autres théories utiles
- La fixation d’objectifs (Edwin Locke et Gary Latham) : des objectifs précis et ambitieux mènent à de meilleures performances que « faire de son mieux », à condition d’avoir les compétences, l’engagement et des retours.
- Le sentiment d’efficacité personnelle (Albert Bandura) : on s’engage davantage quand on se croit capable de réussir (voir confiance en soi).
- Le modèle attente × valeur : la motivation dépend du produit de l'attente de réussir et de la valeur accordée au résultat. Si l’un des deux est nul, la motivation l’est aussi.
- La pyramide de Maslow : célèbre, mais peu soutenue dans sa version hiérarchique stricte (voir pyramide de Maslow).
Les idées reçues
| Idée reçue | Ce que l’on sait |
|---|---|
| Il faut attendre d’être motivé pour commencer | L’action précède souvent la motivation : commencer crée de l’élan |
| La motivation est une question de volonté | Elle dépend largement de l’environnement et de la conception des tâches |
| Les récompenses motivent toujours | Elles peuvent réduire l’intérêt pour une activité déjà plaisante |
| Visualiser sa réussite suffit | Fantasmer sur le résultat seul peut réduire l’effort ; il faut aussi anticiper les obstacles |
| Les gens sont motivés par l’argent avant tout | L’argent compte, mais le sens, l’autonomie et la reconnaissance pèsent beaucoup au travail |
Sur la visualisation, la psychologue Gabriele Oettingen a montré que le simple fait d’imaginer positivement le futur pouvait diminuer l’énergie investie. Sa méthode WOOP (Wish, Outcome, Obstacle, Plan : souhait, résultat, obstacle, plan) combine l’envie avec l’anticipation des obstacles et un plan « si… alors… ».
Comment se motiver : méthodes concrètes
- Relier la tâche à ce qui compte pour soi : pourquoi est-ce important ? Quel lien avec ses valeurs personnelles ?
- Se fixer un objectif précis et une première étape très concrète.
- Rendre le progrès visible : cocher, mesurer, noter ce qui a été accompli. Le sentiment de progresser est un puissant moteur.
- Ajuster la difficulté : un défi trop facile ennuie, trop difficile décourage.
- Prévoir les obstacles avec des intentions de mise en œuvre : « Si je suis tenté d’ouvrir mes messages, alors je les note pour plus tard. » Les travaux de Peter Gollwitzer montrent leur efficacité.
- Commencer petit : cinq minutes suffisent souvent à lancer la machine (voir procrastination).
- S’entourer : travailler à côté d’autres personnes, s’engager auprès de quelqu’un.
- Associer une tâche pénible à un plaisir : écouter son podcast préféré seulement pendant le sport, par exemple.
- Retrouver de l’autonomie : choisir l’ordre des tâches, la méthode, le moment.
Questions fréquentes
Quels sont les deux types de motivation ?
La motivation intrinsèque, qui vient du plaisir ou de l’intérêt de l’activité elle-même, et la motivation extrinsèque, qui vient d’une conséquence extérieure comme une récompense ou une note.
Comment retrouver la motivation ?
Commencer par une action très courte, relier la tâche à un objectif qui a du sens, rendre ses progrès visibles et réduire les obstacles. La motivation revient souvent après avoir commencé, pas avant.
Pourquoi manque-t-on de motivation ?
Souvent parce que la tâche paraît sans intérêt, trop difficile, imposée, ou parce que le résultat est lointain. La fatigue, le stress et le manque de sommeil réduisent aussi l’énergie disponible.
Les récompenses sont-elles une bonne idée pour motiver un enfant ?
Elles peuvent aider à démarrer une activité peu attrayante, mais elles risquent de réduire l’intérêt pour une activité déjà appréciée. Féliciter l’effort et la stratégie, et laisser des choix, soutient mieux la motivation à long terme.