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Psychologie · Connaissance de soi

Les valeurs personnelles

Les valeurs personnelles sont les principes durables qui orientent nos choix : liberté, sécurité, justice, famille, réussite. Les identifier aide à décider et à comprendre ses conflits intérieurs.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les valeurs personnelles sont des convictions profondes sur ce qui est important, désirable ou juste, et qui servent de boussole dans les décisions. Contrairement aux goûts (aimer le jazz) ou aux objectifs (obtenir un diplôme), elles sont abstraites et durables : la liberté, l’honnêteté ou la sécurité peuvent guider des choix très différents tout au long d’une vie. Savoir les nommer est l’un des volets les plus concrets de la connaissance de soi.

Valeurs, besoins, objectifs : les différences

NotionNatureExemple
ValeurPrincipe abstrait et durableIndépendance
ObjectifBut concret et datéCréer son entreprise d’ici deux ans
BesoinManque à comblerBesoin de reconnaissance
PréférenceGoûtAimer travailler le matin
NormeRègle socialeArriver à l’heure

Le modèle de Schwartz : dix valeurs universelles

Le psychologue israélien Shalom Schwartz a proposé en 1992 une théorie des valeurs de base, testée dans plus de 80 pays. Il identifie dix grandes valeurs, présentes dans toutes les cultures mais hiérarchisées différemment selon les individus.

ValeurBut central
AutonomiePenser et agir de façon indépendante, créer, explorer
StimulationNouveauté, défi, excitation
HédonismePlaisir, jouissance de la vie
RéussiteSuccès personnel selon les critères sociaux
PouvoirStatut, prestige, contrôle des ressources ou des personnes
SécuritéStabilité de soi, de ses proches et de la société
ConformitéRespect des normes, retenue
TraditionRespect des coutumes, de la culture et de la religion
BienveillanceBien-être des proches
UniversalismeCompréhension, tolérance, protection de tous et de la nature

Ces valeurs s’organisent en cercle : les valeurs voisines sont compatibles (sécurité et conformité), les valeurs opposées entrent en tension. Schwartz les regroupe en deux axes :

  • ouverture au changement (autonomie, stimulation) contre continuité (sécurité, conformité, tradition) ;
  • dépassement de soi (bienveillance, universalisme) contre affirmation de soi (réussite, pouvoir).

Ce modèle éclaire beaucoup de dilemmes : accepter une promotion lointaine (réussite) ou rester près de sa famille (bienveillance, sécurité) ; quitter un emploi stable pour un projet (autonomie contre sécurité).

Liste de valeurs personnelles

Pour un travail personnel, une liste plus détaillée est utile. Exemples courants :

  • Relations : amitié, amour, famille, loyauté, appartenance, générosité, gentillesse, respect.
  • Intégrité : honnêteté, justice, responsabilité, fiabilité, courage, cohérence.
  • Liberté : autonomie, indépendance, spontanéité, aventure.
  • Accomplissement : réussite, excellence, ambition, compétence, reconnaissance.
  • Sécurité : stabilité, ordre, prudence, santé, sérénité.
  • Croissance : apprentissage, curiosité, sagesse, connaissance, créativité.
  • Engagement : solidarité, écologie, égalité, service, foi.
  • Plaisir : humour, beauté, jeu, confort, gourmandise.

Comment identifier ses valeurs : méthode en cinq étapes

  1. Sélectionner dans la liste les quinze valeurs qui résonnent le plus, sans réfléchir longtemps.
  2. Réduire à cinq, en se demandant : « Si je devais renoncer à celle-ci, qu’est-ce que je perdrais ? »
  3. Classer les cinq par ordre d’importance, en imaginant des dilemmes concrets entre elles.
  4. Confronter aux actes : pour chaque valeur, noter une décision récente qui l’a respectée et une qui l’a contredite. Les valeurs réelles se lisent dans l’emploi du temps et le budget, pas seulement dans les déclarations.
  5. Revoir la liste un an plus tard : les priorités évoluent avec les étapes de la vie.

Deux questions complémentaires aident à faire émerger des valeurs cachées :

  • Qu’est-ce qui me met en colère ? La colère signale souvent une valeur bafouée (l’injustice pour qui valorise la justice).
  • Quand me suis-je senti le plus fier ou le plus en accord avec moi-même ?

D’autres outils figurent dans exercices de connaissance de soi.

Pourquoi c’est utile

  • Décider : face à deux options, se demander laquelle respecte le mieux ses trois valeurs principales.
  • Comprendre ses malaises : un mal-être au travail vient souvent d’un conflit de valeurs (devoir vendre un produit auquel on ne croit pas). Ce décalage entre valeurs et actes produit une tension que la psychologie appelle dissonance cognitive.
  • Se motiver : un objectif relié à une valeur personnelle est plus soutenu dans le temps (voir motivation).
  • Communiquer : beaucoup de conflits de couple ou d’équipe opposent des valeurs légitimes (sécurité contre aventure) plutôt que des personnes.

Des recherches sur l'affirmation des valeurs (écrire quelques minutes sur une valeur importante pour soi) ont montré des effets protecteurs face au stress ou à la menace pour l’image de soi. Les effets sur la réussite scolaire, prometteurs dans les premières études, se sont révélés plus faibles et variables dans les réplications à grande échelle.

Les valeurs changent-elles ?

Les valeurs sont assez stables à l’âge adulte, mais elles évoluent : en moyenne, l’importance accordée à la stimulation et au pouvoir diminue avec l’âge, celle de la tradition, de la sécurité et de la bienveillance augmente. Des événements majeurs (naissance, maladie, expatriation) peuvent aussi rebattre les cartes.

Questions fréquentes

Combien de valeurs personnelles faut-il avoir ?

Il n’y a pas de nombre fixe, mais travailler sur trois à cinq valeurs principales est plus utile qu’une longue liste : c’est ce qui permet de trancher entre deux options.

Quelles sont les valeurs les plus importantes ?

Aucune valeur n’est objectivement supérieure aux autres. Dans les enquêtes de Schwartz menées dans de nombreux pays, la bienveillance, l’universalisme et l’autonomie figurent toutefois en moyenne parmi les plus valorisées, le pouvoir parmi les moins.

Quelle différence entre valeurs et principes ?

Les deux mots se recoupent. On parle plutôt de valeur pour ce qui est désirable (la justice) et de principe pour la règle de conduite qui en découle (ne jamais mentir à un client).

Les valeurs de l’entreprise et les miennes doivent-elles correspondre ?

Une correspondance n’est pas obligatoire, mais un décalage important sur une valeur centrale est une source fréquente d’insatisfaction et de départ.

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