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Économie · Grands économistes

David Ricardo

David Ricardo (1772-1823) est un économiste britannique de l’école classique. Il est surtout connu pour la théorie des avantages comparatifs, qui reste le fondement des analyses du libre-échange.

Mis à jour le 4 min de lecture

David Ricardo est, avec Adam Smith, le principal représentant de l’école classique anglaise. Agent de change devenu riche, puis député, il a donné à l’économie politique une forme plus abstraite et déductive. Ses Principes de l’économie politique et de l’impôt (1817) contiennent la démonstration des avantages comparatifs, souvent citée comme l’une des idées les plus contre-intuitives et les plus solides de l’économie.

Biographie

DateÉvénement
1772Naissance à Londres dans une famille d’origine séfarade venue des Pays-Bas ; son père est agent de change
1786Travaille avec son père à la Bourse de Londres dès 14 ans
1793Épouse une quakeresse et rompt avec sa famille ; il fait fortune comme agent de change
1799Découvre La Richesse des nations et se passionne pour l’économie
1810Publie Le Haut Prix du lingot, sur l’inflation monétaire pendant les guerres napoléoniennes
1815Essai sur l’influence d’un bas prix du blé sur les profits, contre les lois protectionnistes sur les céréales
1817Principes de l’économie politique et de l’impôt
1819Élu à la Chambre des communes
1823Mort à 51 ans

Il entretient une longue correspondance avec Thomas Malthus, avec qui il est en désaccord sur de nombreux points, notamment sur la possibilité d’une surproduction générale.

Les avantages comparatifs

L’exemple du vin et du drap

Ricardo prend deux pays et deux produits. Le Portugal produit le vin et le drap avec moins de travail que l’Angleterre : il a un avantage absolu dans les deux. Selon la logique d’Adam Smith, il n’aurait rien à gagner à échanger.

Heures de travail nécessairesVin (une unité)Drap (une unité)
Portugal8090
Angleterre120100

Ricardo montre pourtant que les deux pays gagnent à se spécialiser :

  • Au Portugal, produire une unité de vin coûte 80/90 ≈ 0,89 unité de drap ; en Angleterre, 120/100 = 1,2 unité de drap. Le vin est relativement moins coûteux au Portugal.
  • Le Portugal se spécialise dans le vin, l’Angleterre dans le drap, et ils échangent.

Avec la même quantité totale de travail, les deux pays disposent ensemble de plus de vin et de plus de drap. Chaque pays doit se spécialiser là où son coût d’opportunité est le plus faible, même s’il est moins efficace partout.

Portée et limites

Cette théorie fonde l’argumentation en faveur du libre-échange (voir commerce international). Ses limites sont connues : elle suppose le plein emploi, l’immobilité internationale des facteurs, des coûts constants, et elle ne dit rien de la répartition des gains à l’intérieur de chaque pays. Le modèle HOS et les théories plus récentes l’ont complétée.

La théorie de la rente foncière

Ricardo explique la rente perçue par les propriétaires fonciers par la différence de fertilité des terres. Quand la population augmente, on met en culture des terres de moins en moins fertiles ; le prix du blé s’aligne sur le coût de production sur la terre la moins fertile, et les propriétaires des meilleures terres touchent une rente croissante. Conséquence : à long terme, les profits baissent et l’économie tend vers un état stationnaire. Pour l’éviter, Ricardo plaide pour l’abolition des lois sur les céréales (Corn Laws), qui protégeaient les propriétaires fonciers ; elles seront abolies en 1846.

La valeur-travail

Ricardo approfondit la théorie de Smith : la valeur d’échange d’un bien dépend de la quantité de travail nécessaire à sa production, y compris le travail incorporé dans les machines. Marx partira de cette théorie pour élaborer sa critique du capitalisme.

Monnaie et finances publiques

  • Partisan de la convertibilité de la monnaie en or, il est l’un des inspirateurs de la théorie quantitative de la monnaie et du Bank Charter Act de 1844.
  • L'équivalence ricardienne porte son nom : financer une dépense publique par l’emprunt plutôt que par l’impôt serait sans effet sur la demande, car les contribuables anticiperaient les impôts futurs et épargneraient. Ricardo évoquait l’idée tout en doutant de sa validité pratique ; elle a été formalisée par Robert Barro en 1974 (voir politique budgétaire).

L’héritage

Ricardo a fixé une méthode — raisonner sur des modèles simplifiés pour en tirer des lois générales — qui marque encore l’économie. Keynes lui reprochera d’avoir orienté l’économie vers l’abstraction au détriment de l’analyse des crises, en lui préférant Malthus.

Questions fréquentes

Quelle différence entre avantage absolu et avantage comparatif ?

Un pays a un avantage absolu s’il produit un bien avec moins de ressources qu’un autre. Il a un avantage comparatif si le coût d’opportunité de ce bien, mesuré en autres biens auxquels il renonce, est plus faible que chez son partenaire.

Ricardo était-il favorable au libre-échange ?

Oui, il en est l’un des défenseurs les plus influents, notamment dans le combat contre les Corn Laws.

Pourquoi la théorie de Ricardo est-elle encore enseignée ?

Parce qu’elle montre que l’échange profite à des partenaires de niveaux de productivité très différents, ce qui reste vrai dans de nombreux modèles modernes, même si la répartition des gains pose question.

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