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Économie · Économie mondiale

Commerce international

Le commerce international désigne l’ensemble des échanges de biens et de services entre pays. Les théories économiques l’expliquent par la spécialisation : chaque pays gagne à produire ce qu’il fait relativement le mieux.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le commerce international est l’une des principales dimensions de la mondialisation. Il soulève depuis des siècles la même question : un pays a-t-il intérêt à s’ouvrir aux échanges ou à protéger ses producteurs ? La réponse des économistes est majoritairement favorable à l’ouverture, mais avec des nuances importantes sur la répartition des gains.

Les théories du commerce international

Le mercantilisme (XVIe-XVIIIe siècle)

Pour les mercantilistes, la richesse d’un pays se mesure à son stock d’or et d’argent. Il faut donc exporter plus qu’on importe et protéger l’industrie nationale. En France, Colbert, ministre de Louis XIV, en est la figure.

Les avantages absolus d’Adam Smith (1776)

Adam Smith critique le mercantilisme : chaque pays devrait se spécialiser dans les productions où il est le plus efficace et importer les autres. L’échange est un jeu à somme positive.

Les avantages comparatifs de David Ricardo (1817)

David Ricardo va plus loin : même un pays moins efficace dans toutes les productions gagne à échanger. Il doit se spécialiser là où son désavantage est le plus faible, c’est-à-dire là où son coût d’opportunité est le plus bas. Son exemple classique oppose l’Angleterre et le Portugal, le drap et le vin.

Le modèle HOS (XXe siècle)

Eli Heckscher, Bertil Ohlin et Paul Samuelson expliquent la spécialisation par les dotations en facteurs de production : un pays riche en capital exporte des biens intensifs en capital, un pays riche en main-d’œuvre des biens intensifs en travail. Le modèle prédit aussi que l’ouverture profite au facteur abondant et pénalise le facteur rare : dans un pays riche, les travailleurs peu qualifiés peuvent être perdants.

La nouvelle théorie du commerce international

Depuis les années 1980, Paul Krugman (prix Nobel 2008) explique pourquoi l’essentiel des échanges se fait entre pays semblables (France-Allemagne) et porte sur des produits similaires (des voitures contre des voitures) : c’est le commerce intrabranche, fondé sur les économies d’échelle et le goût des consommateurs pour la variété. Marc Melitz a ensuite montré que seules les entreprises les plus productives exportent.

La balance commerciale

NotionDéfinition
Balance commercialeExportations − importations de biens
Balance des biens et servicesAjoute les services (tourisme, transport, services financiers, numériques)
Balance couranteAjoute les revenus (salaires, dividendes, intérêts) et les transferts
Taux de couvertureExportations ÷ importations × 100

La France affiche depuis le début des années 2000 un déficit commercial en biens, en partie compensé par un excédent dans les services (tourisme notamment). Les chiffres mensuels sont publiés par les Douanes. Un déficit commercial n’est pas en soi un signe de faiblesse : il peut refléter une demande intérieure dynamique ou un investissement étranger important.

Libre-échange et protectionnisme

Libre-échangeProtectionnisme
PrincipeSuppression des obstacles aux échangesProtection des producteurs nationaux
ArgumentsGains de spécialisation, prix plus bas, concurrence stimulante, diffusion des innovationsProtéger les industries naissantes (Friedrich List, 1841), l’emploi, les secteurs stratégiques, répondre à une concurrence jugée déloyale
RisquesPerdants concentrés dans certains secteurs et régionsHausse des prix, représailles, guerres commerciales, perte de compétitivité

Les instruments du protectionnisme

  • Droits de douane (tarifs) : taxes sur les importations.
  • Quotas : limites de quantité.
  • Normes techniques, sanitaires ou environnementales, parfois utilisées comme barrières.
  • Subventions aux producteurs nationaux.
  • Préférence nationale dans les marchés publics.
  • Manipulation du taux de change (dévaluation compétitive).

L’histoire offre un exemple souvent cité de spirale protectionniste : la loi américaine Smoot-Hawley (1930), qui a relevé les droits de douane et provoqué des représailles, aggravant la contraction du commerce mondial pendant la Grande Dépression. Les années 2018-2019 et 2025-2026 ont vu un retour marqué des hausses de droits de douane, notamment entre les États-Unis, la Chine et leurs partenaires.

Le cadre institutionnel

  • OMC : règles multilatérales et règlement des différends depuis 1995.
  • Unions douanières et zones de libre-échange : Union européenne (union douanière depuis 1968, politique commerciale commune), Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AECG, appliqué provisoirement depuis 2017).

Questions fréquentes

Le commerce international détruit-il des emplois ?

Il en détruit dans les secteurs exposés à la concurrence et en crée dans les secteurs exportateurs et les services. Le solde global est généralement jugé faible ; le problème principal est la concentration des pertes sur certains territoires et métiers.

Qu’est-ce que le dumping ?

La vente à l’étranger à un prix inférieur au prix pratiqué sur le marché intérieur ou au coût de production. Les règles de l’OMC autorisent des droits antidumping lorsque le dumping cause un préjudice.

Pourquoi les pays commercent-ils avec des pays semblables ?

Parce que les consommateurs apprécient la diversité des produits et que les entreprises bénéficient d’économies d’échelle en servant un marché plus large : c’est le commerce intrabranche.

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