Aller au contenu
connaissance.org

Arts · Cinéma et photographie

Akira Kurosawa

Akira Kurosawa (1910-1998) est un réalisateur japonais. Rashōmon, Les Sept Samouraïs et Ran ont révélé le cinéma japonais au monde et influencé durablement le western, le film d’action et Hollywood.

Mis à jour le 5 min de lecture

Akira Kurosawa, né le 23 mars 1910 à Tokyo et mort à Tokyo le 6 septembre 1998, est le cinéaste japonais le plus célèbre en Occident. En cinquante ans de carrière et trente films, il a fait découvrir au monde le cinéma de son pays, avec Rashōmon, Lion d’or à Venise en 1951. Ses films de samouraïs, inspirés du Japon féodal, du western américain et de Shakespeare, mais aussi ses drames contemporains, ont inspiré George Lucas, Sergio Leone, Francis Ford Coppola et Steven Spielberg. Il a reçu un Oscar d’honneur en 1990.

Repères chronologiques

DateÉvénement
23 mars 1910Naissance à Tokyo, dernier de huit enfants ; père ancien militaire d’ascendance samouraï
1927 – 1935Étudie la peinture ; proche de mouvements artistiques de gauche
1936Entre aux studios PCL (futur Tōhō) comme assistant réalisateur de Kajirō Yamamoto
1943Premier film, La Légende du grand judo (Sugata Sanshirō)
1948L’Ange ivre, première collaboration avec Toshirō Mifune
1950Rashōmon
1951Lion d’or à Venise pour Rashōmon ; Oscar d’honneur en 1952
1952Vivre (Ikiru)
1954Les Sept Samouraïs
1957Le Château de l’araignée, d’après Macbeth
1961Le Garde du corps (Yojimbo)
1965Barberousse ; dernière collaboration avec Mifune
1971Après l’échec de Dodes’kaden, tente de se suicider
1975Dersou Ouzala, tourné en URSS ; Oscar du meilleur film étranger
1980Kagemusha, coproduit par Lucas et Coppola ; Palme d’or à Cannes
1985Ran, d’après Le Roi Lear
1990Rêves ; Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière
1993Madadayo, dernier film
6 septembre 1998Mort à Tokyo

La vie d’Akira Kurosawa

Un peintre devenu cinéaste

Cadet d’une famille de Tokyo, Kurosawa veut d’abord être peintre. Son frère aîné Heigo, commentateur de films muets (benshi), lui fait découvrir le cinéma étranger, avant de se suicider en 1933. En 1936, Kurosawa répond à une petite annonce des studios PCL et devient assistant de Kajirō Yamamoto, qui le forme à tous les métiers du cinéma.

La révélation

Son premier film, en 1943, est un récit d’arts martiaux. Après la guerre, il réalise des drames contemporains sur le Japon en ruine, avec l’acteur Takashi Shimura et le jeune Toshirō Mifune, au jeu animal, qui jouera dans seize de ses films. En 1951, Rashōmon, présenté presque par hasard à Venise, remporte le Lion d’or : c’est la première reconnaissance internationale du cinéma japonais.

L’âge d’or

Les années 1950 et 1960 sont celles des chefs-d’œuvre : Vivre, sur un fonctionnaire mourant qui veut donner un sens à sa vie ; Les Sept Samouraïs, sur des paysans qui engagent des samouraïs sans maître pour défendre leur village ; Le Château de l’araignée, La Forteresse cachée, Yojimbo, Entre le ciel et l’enfer, Barberousse.

Crise et renaissance

À la fin des années 1960, Kurosawa ne trouve plus de financement au Japon ; il est renvoyé du tournage américain de Tora ! Tora ! Tora !. Après l’échec de Dodes’kaden (1970), il fait une tentative de suicide. Il renaît grâce à l’URSS, qui produit Dersou Ouzala, puis grâce à ses admirateurs américains, George Lucas et Francis Ford Coppola, qui aident à financer Kagemusha. Le producteur français Serge Silberman produit Ran.

Le style d’Akira Kurosawa

Le mouvement

Kurosawa filme l’action comme personne : batailles sous la pluie, chevauchées, combats au sabre. Il utilise plusieurs caméras simultanément, de longues focales qui écrasent les perspectives, des volets (transitions en balayage) et un montage dynamique.

La nature

Le vent, la pluie, la boue, le brouillard, la chaleur jouent un rôle dramatique : la bataille finale des Sept Samouraïs se déroule dans une boue diluvienne.

Un humanisme exigeant

Ses héros, souvent des maîtres et leurs disciples, affrontent la corruption, la mort et le chaos avec courage. Kurosawa s’interroge sur la vérité (Rashōmon, où chaque témoin raconte un crime différemment), sur le sens de la vie (Vivre) et sur la violence de l’histoire (Ran).

La peinture

Ancien peintre, il dessinait et peignait des storyboards en couleurs pour ses derniers films, d’une grande beauté plastique.

Filmographie sélective d’Akira Kurosawa

FilmAnnéeRemarque
La Légende du grand judo1943Premier film
L’Ange ivre1948Premier film avec Mifune
Chien enragé1949Film policier
Rashōmon1950Lion d’or, Venise
Vivre (Ikiru)1952
Les Sept Samouraïs1954Lion d’argent, Venise
Le Château de l’araignée1957D’après Macbeth
La Forteresse cachée1958Inspire La Guerre des étoiles
Le Garde du corps (Yojimbo)1961Inspire Pour une poignée de dollars
Entre le ciel et l’enfer1963Film policier
Barberousse1965
Dersou Ouzala1975Oscar du meilleur film étranger
Kagemusha1980Palme d’or, Cannes
Ran1985D’après Le Roi Lear
Rêves1990
Madadayo1993Dernier film

L’héritage

Kurosawa a ouvert les portes de l’Occident au cinéma japonais, avant Ozu et Mizoguchi. Son art du récit et de l’action a façonné le cinéma d’aventure moderne. Le récit à points de vue contradictoires de Rashōmon a donné son nom à l'« effet Rashōmon », employé en psychologie et en droit. Voir aussi les grands réalisateurs et le Japon.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur film de Kurosawa ?

Les Sept Samouraïs (1954) est le plus célèbre et figure dans tous les classements des meilleurs films. Rashōmon, Vivre et Ran sont aussi considérés comme des chefs-d’œuvre.

Qu’est-ce que l’effet Rashōmon ?

Une situation où plusieurs témoins donnent des versions contradictoires d’un même événement, chacune plausible. L’expression vient du film de 1950, où quatre personnages racontent différemment un même crime.

Quel lien entre Kurosawa et Star Wars ?

George Lucas s’est inspiré de La Forteresse cachée (1958) pour La Guerre des étoiles : le récit raconté du point de vue de deux personnages secondaires comiques, la princesse en fuite, le général guerrier. Lucas a ensuite coproduit Kagemusha.

Qui était Toshirō Mifune ?

Un acteur japonais, interprète principal de seize films de Kurosawa, de L’Ange ivre (1948) à Barberousse (1965), notamment dans Rashōmon, Les Sept Samouraïs et Yojimbo.

À lire aussi

Cinéma et photographie : toutes les fiches