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Arts · Cinéma et photographie

Histoire du cinéma d’animation

Le cinéma d’animation donne l’illusion du mouvement en enchaînant des images fixes. Né en France avec Émile Reynaud et Émile Cohl, il a été révolutionné par Disney, puis par l’animation japonaise et l’image de synthèse.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le cinéma d’animation regroupe les films dont les images ne sont pas prises sur le vif, mais créées une à une, dessinées, peintes, modelées ou calculées par ordinateur, puis projetées en succession rapide, généralement à 24 images par seconde, pour créer l’illusion du mouvement. Plus ancien que le cinéma des frères Lumière par certains de ses ancêtres, il est devenu l’un des genres les plus rentables de l’industrie et un art majeur, du court métrage expérimental aux superproductions.

Les dates clés

DateÉvénement
1832Joseph Plateau invente le phénakistiscope, disque produisant l’illusion du mouvement
1877Émile Reynaud brevette le praxinoscope
28 octobre 1892Reynaud présente ses Pantomimes lumineuses au musée Grévin, à Paris, avec son Théâtre optique
17 août 1908Fantasmagorie d’Émile Cohl, premier dessin animé sur pellicule
1914Gertie le dinosaure de Winsor McCay
1914 – 1915Brevet de l’animation sur cellulos transparents (Earl Hurd)
1917El Apóstol de Quirino Cristiani (Argentine), premier long métrage d’animation, aujourd’hui perdu
1926Les Aventures du prince Ahmed de Lotte Reiniger, plus ancien long métrage d’animation conservé
18 novembre 1928Steamboat Willie, avec Mickey, dessin animé au son synchronisé
1932Des arbres et des fleurs, premier dessin animé en Technicolor trichrome
21 décembre 1937Première de Blanche-Neige et les Sept Nains, premier long métrage de Disney
1940Pinocchio et Fantasia ; naissance de Bugs Bunny et de Tom et Jerry
1960Création du festival d’Annecy, le plus important du monde
1963Astro, le petit robot d’Osamu Tezuka, première série animée japonaise à succès
1985Fondation du studio Ghibli par Hayao Miyazaki et Isao Takahata
22 novembre 1995Toy Story (Pixar), premier long métrage entièrement en images de synthèse
2002Création de l’Oscar du meilleur film d’animation (Shrek)

Les pionniers

Émile Reynaud et le Théâtre optique

Avant le cinématographe, le Français Émile Reynaud projette sur un écran, au musée Grévin, des bandes de dessins peints à la main, accompagnées de musique. Ses Pantomimes lumineuses, données à partir du 28 octobre 1892, sont considérées comme les premiers dessins animés projetés. La date du 28 octobre a été choisie en 2002 comme Journée mondiale du cinéma d’animation.

Émile Cohl et Winsor McCay

Le caricaturiste Émile Cohl réalise en 1908 Fantasmagorie, film de moins de deux minutes composé d’environ 700 dessins, où un petit bonhomme se métamorphose sans cesse. Aux États-Unis, le dessinateur de bandes dessinées Winsor McCay donne avec Gertie le dinosaure (1914) une véritable personnalité à un personnage animé.

L’âge d’or américain

Les studios américains industrialisent l’animation grâce au cellulo, feuille transparente sur laquelle on peint les personnages, posée sur un décor fixe. Felix le Chat, Betty Boop et Popeye (studio Fleischer) deviennent des vedettes. Walt Disney impose sa domination avec Mickey Mouse, la couleur et surtout Blanche-Neige et les Sept Nains (1937), premier long métrage animé produit à Hollywood, suivi de Pinocchio, Fantasia, Dumbo et Bambi. À la Warner, Tex Avery et Chuck Jones créent un humour plus rapide et absurde (Bugs Bunny, Daffy Duck) ; à la MGM, William Hanna et Joseph Barbera lancent Tom et Jerry.

À partir des années 1950, le studio UPA invente une animation « limitée », plus graphique et économique, qui ouvre la voie aux séries de télévision, comme Les Pierrafeu (1960).

L’animation japonaise

Au Japon, Osamu Tezuka adapte ses mangas pour la télévision dès 1963 et fixe le style de l'anime : grands yeux, animation économique, récits longs. Akira (1988) de Katsuhiro Ōtomo révèle l’animation japonaise adulte à l’Occident. Le studio Ghibli produit des chefs-d’œuvre : Mon voisin Totoro (1988), Princesse Mononoké (1997) et Le Voyage de Chihiro (2001), Ours d’or à Berlin en 2002 et Oscar en 2003.

L’animation française

FilmRéalisateurAnnée
Le Roman de Renard (marionnettes)Ladislas Starewitch1930, sorti en 1937
La Planète sauvageRené Laloux1973
Le Roi et l’OiseauPaul Grimault1980
Kirikou et la SorcièreMichel Ocelot1998
Les Triplettes de BellevilleSylvain Chomet2003
PersepolisMarjane Satrapi et Vincent Paronnaud2007
J’ai perdu mon corpsJérémy Clapin2019

La France est aujourd’hui le premier producteur d’animation d’Europe, grâce à ses écoles (les Gobelins, à Paris) et à ses studios, qui travaillent aussi pour les grandes productions américaines.

Les principales techniques

TechniquePrincipeExemples
Dessin animé traditionnelDessins sur papier puis cellulos, image par imageBlanche-Neige, Le Roi Lion
Papier découpé et silhouettesFigures découpées articuléesLotte Reiniger, Michel Ocelot
Volume ou stop motionMarionnettes ou pâte à modeler déplacées entre chaque imageL’Étrange Noël de Monsieur Jack, Wallace et Gromit
RotoscopieDessin par-dessus des images filméesFleischer, Valse avec Bachir
Image de synthèse (3D)Modèles numériques animés par ordinateurToy Story, Shrek
Animation 2D numériqueDessin sur tablette, colorisation par ordinateurLa plupart des séries actuelles

Questions fréquentes

Quel est le premier dessin animé de l’histoire ?

On cite généralement Fantasmagorie d’Émile Cohl (1908), premier dessin animé réalisé sur pellicule de cinéma. Les Pantomimes lumineuses d’Émile Reynaud, projetées dès 1892, l’avaient précédé avec un autre procédé.

Quel est le premier long métrage d’animation ?

El Apóstol (1917) de l’Argentin Quirino Cristiani, aujourd’hui perdu. Le plus ancien conservé est Les Aventures du prince Ahmed (1926) de Lotte Reiniger. Blanche-Neige (1937) est le premier long métrage de Disney et le premier en couleur à grand succès.

Combien d’images faut-il pour une seconde d’animation ?

Le cinéma projette 24 images par seconde. En animation traditionnelle, on dessine souvent une image sur deux, soit 12 dessins par seconde, pour des raisons d’économie.

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