Numérique · Compétences informatiques
Logiciel libre et open source
Un logiciel libre ou open source est un logiciel dont le code source est public et que chacun peut utiliser, étudier, modifier et redistribuer. Libre n’est pas synonyme de gratuit.
Mis à jour le 4 min de lecture
Firefox, VLC, LibreOffice, Linux, Wikipédia (pour son logiciel MediaWiki), Python, Android dans sa base : une grande partie de l’informatique mondiale repose sur des logiciels dont le code source (les instructions écrites par les programmeurs) est accessible à tous. Ils font tourner l’essentiel des serveurs du Web et sont présents dans presque tous les logiciels commerciaux sous forme de briques réutilisées.
Le logiciel libre et ses quatre libertés
Le mouvement du logiciel libre est né avec Richard Stallman, chercheur au MIT, qui lance en 1983 le projet GNU (un système d’exploitation entièrement libre) et crée en 1985 la Free Software Foundation. Un logiciel est libre s’il garantit quatre libertés à ses utilisateurs :
| Liberté | Contenu |
|---|---|
| 0 | Utiliser le programme, pour tout usage |
| 1 | Étudier son fonctionnement et l’adapter à ses besoins (ce qui suppose l’accès au code source) |
| 2 | Redistribuer des copies |
| 3 | Améliorer le programme et publier ses améliorations |
Open source : même chose, autre accent
Le terme open source (« source ouverte ») a été proposé en 1998 et promu par l'Open Source Initiative, fondée la même année. Il vise à présenter ces logiciels aux entreprises en insistant sur les avantages pratiques (qualité, sécurité, coût, collaboration) plutôt que sur la dimension éthique.
| Logiciel libre | Open source | |
|---|---|---|
| Promoteur | Free Software Foundation | Open Source Initiative |
| Accent | Éthique : liberté des utilisateurs | Pragmatique : méthode de développement efficace |
| Licences concernées | Presque les mêmes | Presque les mêmes |
En pratique, la quasi-totalité des logiciels libres sont open source et inversement : on parle souvent de FLOSS ou de logiciels libres et open source. Un logiciel gratuit mais au code fermé (un freeware) n’est ni l’un ni l’autre. À l’inverse, un logiciel libre peut être vendu.
Les licences
Une licence libre est un contrat qui accorde ces droits. On distingue deux familles :
| Famille | Principe | Exemples | Utilisé par |
|---|---|---|---|
| Copyleft | Les versions modifiées redistribuées doivent rester sous la même licence | GPL (1989), AGPL, LGPL | Linux (GPL v2), WordPress |
| Permissives | Réutilisation libre, y compris dans un logiciel fermé, à condition de citer l’auteur | MIT, BSD, Apache 2.0 | React, Python (licence propre, permissive), nombreuses bibliothèques |
En France, les licences CeCILL, élaborées par le CEA, le CNRS et l’Inria, sont adaptées au droit français. Pour les contenus non logiciels (textes, images), on utilise plutôt les licences Creative Commons, et pour les données des licences ouvertes (voir open data).
Exemples de logiciels libres
| Domaine | Logiciels libres | Équivalents propriétaires courants |
|---|---|---|
| Système | Linux (Ubuntu, Debian, Fedora), voir Windows, macOS ou Linux | Windows, macOS |
| Navigateur | Firefox, Chromium | Chrome (en partie basé sur Chromium), Safari |
| Bureautique | LibreOffice | Microsoft Office |
| Multimédia | VLC, Audacity, OBS Studio | Lecteurs et logiciels payants |
| Image et 3D | GIMP, Inkscape, Krita, Blender | Photoshop, Illustrator, 3ds Max |
| Développement | Git, Python, Visual Studio Code (code de base), PostgreSQL | Outils commerciaux |
| Web | Apache, Nginx, WordPress | Serveurs propriétaires |
Avantages et limites
Avantages : transparence (le code peut être audité), indépendance vis-à-vis d’un éditeur, pérennité (le projet peut être repris si l’auteur l’abandonne), formats ouverts, coût de licence nul, mutualisation des efforts.
Limites : support parfois communautaire plutôt que contractuel, ergonomie inégale, compatibilité imparfaite avec certains formats propriétaires, et dépendance de projets essentiels envers une poignée de bénévoles. La faille Heartbleed (2014) dans la bibliothèque OpenSSL, maintenue par très peu de personnes, a montré ce risque.
Comment le libre se finance
- Entreprises qui vendent du support et des services (Red Hat, rachetée par IBM en 2019, SUSE, Canonical).
- Versions hébergées ou fonctions avancées payantes (modèle open core).
- Dons et fondations (Mozilla, Linux Foundation, Apache Software Foundation).
- Développeurs salariés par de grandes entreprises qui ont besoin de ces logiciels.
Le libre dans l’administration française
La loi pour une République numérique de 2016 demande aux administrations d'encourager l’utilisation des logiciels libres et des formats ouverts. L’État publie un socle interministériel de logiciels libres (SILL), liste des logiciels recommandés. La Gendarmerie nationale utilise un poste de travail sous Linux depuis la fin des années 2000.
Questions fréquentes
Un logiciel libre est-il moins sûr parce que son code est public ?
Non, pas par nature. Le code ouvert permet à quiconque de chercher les failles et de les corriger. La sécurité dépend surtout de l’activité du projet et de la rapidité des correctifs.
Peut-on utiliser un logiciel libre dans son entreprise ?
Oui, librement. Les obligations des licences portent surtout sur la redistribution : si l’on distribue un logiciel modifié sous GPL, il faut en publier le code source.
Les modèles d’IA « ouverts » sont-ils open source ?
Pas toujours. Beaucoup de modèles dits ouverts publient leurs poids mais pas leurs données d’entraînement ni le code complet, avec des restrictions d’usage. L’Open Source Initiative a publié en 2024 une définition spécifique de l’IA open source, plus exigeante.