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Numérique · Bases et gestion des connaissances

Open data (données ouvertes)

L’open data, ou données ouvertes, désigne des données publiées dans un format exploitable, accessibles gratuitement et réutilisables par tous, y compris à des fins commerciales.

Mis à jour le 3 min de lecture

Horaires des transports, résultats des élections, prix des carburants, qualité de l’eau, budget d’une commune, transactions immobilières : une grande partie des données produites par les administrations est aujourd’hui publiée en ligne, librement réutilisable. C’est ce qu’on appelle l'open data. Ces données alimentent des applications de mobilité, des travaux de journalistes, des recherches scientifiques et des services d’entreprises.

Les critères d’une donnée vraiment ouverte

  1. Accessible en ligne, sans inscription obligatoire ni paiement.
  2. Dans un format ouvert et lisible par une machine : CSV, JSON, GeoJSON, plutôt qu’un PDF ou une image de tableau.
  3. Sous une licence ouverte qui autorise la réutilisation, y compris commerciale.
  4. Complète, avec ses métadonnées (source, date, définition des colonnes, fréquence de mise à jour).
  5. À jour, et si possible accessible par une API pour les données qui changent souvent.

Tim Berners-Lee, l’inventeur du Web, a proposé en 2010 une échelle de cinq étoiles : une étoile pour une donnée publiée en ligne sous licence ouverte, quel que soit le format ; deux pour un format structuré (un tableur) ; trois pour un format non propriétaire (CSV) ; quatre pour l’usage d’identifiants standard (URI) ; cinq pour des données reliées à d’autres données (linked data).

En France

  • 2011 : création de la mission Etalab et du portail national data.gouv.fr.
  • Loi pour une République numérique du 7 octobre 2016 : elle pose le principe de l'ouverture par défaut des données des administrations, y compris des collectivités de plus de 3 500 habitants et 50 agents. Elle crée aussi la notion de données de référence (base adresse nationale, répertoire des entreprises SIRENE, cadastre…), publiées avec un niveau de qualité garanti.
  • Les licences recommandées sont la Licence Ouverte d’Etalab (version 2.0, 2017), proche de la licence CC BY, et l'ODbL, qui impose de partager à l’identique les bases dérivées.

En Europe

La directive (UE) 2019/1024 concernant les données ouvertes et la réutilisation des informations du secteur public a été suivie d’un règlement d’exécution de 2023 qui impose la publication gratuite, par API, de jeux de données de forte valeur dans six domaines : géospatial, observation de la Terre et environnement, météorologie, statistiques, entreprises et propriété des entreprises, mobilité. Le portail data.europa.eu recense les données des États membres.

Exemples de jeux de données utiles

DomaineExemples (France)
TerritoireBase adresse nationale, cadastre, découpages administratifs
ÉconomieBase SIRENE des entreprises, statistiques de l’Insee
ImmobilierDemandes de valeurs foncières (prix des ventes immobilières)
TransportsHoraires des réseaux au format GTFS, disponibilité des vélos en libre-service
ÉnergiePrix des carburants station par station, consommation électrique
EnvironnementQualité de l’air, de l’eau, données météorologiques de Météo-France
Vie publiqueRésultats électoraux, budgets des collectivités, marchés publics
SantéStatistiques de santé publique, annuaire des professionnels de santé

Ce que l’open data n’est pas

  • Ce n’est pas la publication de données personnelles : les données qui permettent d’identifier une personne sont exclues ou doivent être anonymisées, conformément au RGPD. L’anonymisation est délicate : croiser plusieurs jeux de données peut parfois réidentifier des individus.
  • Ce n’est pas le logiciel libre, même si les deux mouvements partagent la même philosophie d’ouverture (voir open source et logiciel libre).
  • Ce n’est pas la transparence au sens de l’accès aux documents administratifs, même si elle y contribue.
  • Les secrets protégés par la loi (défense, sécurité, secret des affaires, vie privée) restent fermés.

Enjeux et limites

Bénéfices : transparence de l’action publique, création de services, recherche, journalisme de données, meilleure décision publique, réutilisation pour entraîner des modèles d’IA.

Limites : qualité inégale, jeux de données obsolètes ou mal documentés, formats inexploitables, coût de production pour les petites collectivités, et dépendance de certains usages aux grandes plateformes qui en profitent le plus.

Questions fréquentes

L’open data est-il gratuit ?

En règle générale, oui. Le droit européen autorise encore, par exception, des redevances limitées pour certains organismes, mais les données de forte valeur doivent être gratuites.

Peut-on utiliser l’open data à des fins commerciales ?

Oui, c’est l’un des principes : la réutilisation commerciale est autorisée, à condition de respecter la licence (en général, citer la source et la date de mise à jour).

Où trouver des données ouvertes ?

En France, sur data.gouv.fr et les portails des collectivités et organismes (Insee, Météo-France, IGN). Au Québec, sur Données Québec. En Europe, sur data.europa.eu.

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