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Numérique · Bases et gestion des connaissances

Taxonomie et classification de l’information

Une taxonomie est un système hiérarchique de catégories qui sert à ranger et retrouver l’information. Elle va du général au particulier et donne à chaque contenu une place prévisible.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le mot taxonomie vient du grec taxis (« arrangement, ordre ») et nomos (« loi »). Il désigne d’abord la science qui classe les êtres vivants, dont Carl von Linné a fixé les règles au XVIIIe siècle (voir la classification du vivant). En gestion de l’information, le terme a été repris pour désigner tout vocabulaire contrôlé organisé en arbre : rubriques d’un site, catégories de produits, plan de classement d’un intranet, arborescence d’une base de connaissance.

À quoi sert une taxonomie ?

  • Ranger : chaque document, fiche ou produit reçoit une ou plusieurs catégories.
  • Retrouver : la navigation par catégories complète la recherche par mots-clés, surtout quand on ne connaît pas le terme exact.
  • Harmoniser : tout le monde utilise le même mot pour la même chose (« contrat de travail » et non « CDI », « contrat », « embauche » selon les personnes).
  • Piloter : on peut compter les contenus par catégorie, repérer les manques et les doublons.
  • Alimenter les outils : filtres d’un moteur de recherche, règles d’accès, recommandations, systèmes d’intelligence artificielle.

Taxonomie, classification, thésaurus, ontologie

Ces notions forment une gradation, de la plus simple à la plus riche.

OutilStructureRelationsExemple
Liste de mots-clésListe plateAucuneÉtiquettes d’un blog
TaxonomieArbreParent / enfantRayons d’un site marchand
ClassificationArbre codé, exhaustifHiérarchie + indicesClassification Dewey
ThésaurusRéseau de termesGénérique, spécifique, associé, synonymesRAMEAU, MeSH
OntologieGraphe formelRelations typées et règles logiquesSchema.org, ontologies médicales

Une classification au sens documentaire est une taxonomie particulière : elle couvre tout un domaine, attribue un indice (un code) à chaque classe et place chaque document à un seul endroit physique, comme un livre sur une étagère. Une taxonomie numérique, elle, peut rattacher un même contenu à plusieurs catégories.

Taxonomie et folksonomie

Une folksonomie (de folk, « les gens ») est un classement produit librement par les utilisateurs au moyen d’étiquettes (tags), comme les mots-dièse des réseaux sociaux. Elle est spontanée et proche du vocabulaire réel, mais désordonnée : synonymes, fautes, singulier et pluriel coexistent. Beaucoup d’organisations combinent les deux : une taxonomie officielle et des étiquettes libres qu’on intègre périodiquement.

Les types de structures

  • Hiérarchique simple : chaque terme a un seul parent. Facile à comprendre, mais oblige à des choix arbitraires (un « vélo électrique » va-t-il dans « Vélos » ou dans « Mobilité électrique » ?).
  • Polyhiérarchique : un terme peut avoir plusieurs parents. Plus juste, plus complexe à maintenir.
  • À facettes : on décrit chaque contenu selon plusieurs axes indépendants (type de document, sujet, public, date, langue). Le bibliothécaire indien S. R. Ranganathan a théorisé cette approche dans sa Colon Classification (1933). Les filtres latéraux des sites marchands en sont l’application la plus courante.

Construire une taxonomie, étape par étape

  1. Définir l’usage : qui va classer, qui va chercher, dans quel outil. Une taxonomie de navigation pour le public n’a pas la même finesse qu’un plan de classement d’archives.
  2. Inventorier les contenus existants et les termes employés (recherches des utilisateurs, étiquettes déjà présentes, vocabulaire métier).
  3. Regrouper les termes en grandes familles, par exemple par tri de cartes (card sorting) avec des utilisateurs : on leur demande de grouper des cartes portant les noms des contenus.
  4. Fixer les termes préférés et noter les synonymes à rediriger.
  5. Limiter la profondeur : trois niveaux suffisent dans la plupart des cas ; au-delà, on se perd. Viser des catégories de taille comparable.
  6. Rédiger des règles : définition de chaque catégorie, critère d’appartenance, qui peut créer un terme.
  7. Tester avec des utilisateurs (tâche : « où chercheriez-vous telle information ? »), puis ajuster.
  8. Gouverner : une taxonomie vit. Prévoir un responsable et une révision régulière.

Les erreurs fréquentes

  • Calquer la taxonomie sur l'organigramme : les utilisateurs cherchent un sujet, pas un service.
  • Créer une catégorie « Divers » ou « Autres » qui finit par contenir la moitié des contenus.
  • Mélanger plusieurs logiques dans un même niveau (thème, format et date côte à côte).
  • Multiplier les catégories presque vides ou les termes quasi synonymes.
  • Ne jamais réviser : les mots du métier évoluent, les catégories vieillissent.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre taxonomie et arborescence ?

L’arborescence désigne la structure de navigation d’un site ou d’un dossier. La taxonomie est le vocabulaire organisé qui la fonde ; elle peut servir aussi à étiqueter, filtrer et rechercher, au-delà de la seule navigation.

Combien de catégories faut-il prévoir ?

Il n’y a pas de nombre idéal. Une règle pratique : 5 à 10 catégories par niveau, deux ou trois niveaux, et aucune catégorie qui regroupe à elle seule une grande partie des contenus.

Une taxonomie est-elle utile avec un bon moteur de recherche ?

Oui. La recherche suppose de connaître le mot juste ; la taxonomie permet d’explorer, de filtrer les résultats et d’améliorer le moteur de recherche interne grâce aux synonymes et aux facettes.

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