Aller au contenu
connaissance.org

Économie · Monnaie et finance

Cryptomonnaie et bitcoin

Une cryptomonnaie est un actif numérique émis et échangé sans autorité centrale, grâce à un registre partagé et sécurisé par la cryptographie, la blockchain. Le bitcoin, lancé en 2009, est la première et la plus connue.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les cryptomonnaies — on dit plutôt cryptoactifs dans les textes officiels — ont pris une place importante dans l’actualité financière depuis la fin des années 2010. Elles posent des questions économiques de fond : qu’est-ce qu’une monnaie ? Peut-on se passer d’une banque centrale ? Cette fiche explique leur fonctionnement ; elle ne recommande aucun achat.

Le bitcoin, première cryptomonnaie

DateÉvénement
31 octobre 2008Publication du livre blanc Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System, signé Satoshi Nakamoto (pseudonyme dont l’identité reste inconnue)
3 janvier 2009Création du premier bloc (« bloc genèse »)
2010Premier achat connu d’un bien en bitcoins : deux pizzas pour 10 000 bitcoins
2021Le Salvador fait du bitcoin une monnaie légale (statut assoupli en 2025)
2024Autorisation aux États-Unis de fonds cotés (ETF) adossés au bitcoin

Comment fonctionne le bitcoin ?

  1. Un registre public : toutes les transactions sont inscrites dans une blockchain, une chaîne de blocs copiée sur des milliers d’ordinateurs dans le monde. Personne ne peut la modifier seul.
  2. Des clés cryptographiques : chaque utilisateur possède une clé privée, qui lui permet de signer ses transactions, et une adresse publique. Perdre sa clé privée, c’est perdre définitivement l’accès à ses bitcoins.
  3. Le minage : des participants, les mineurs, mettent leur puissance de calcul en concurrence pour valider les blocs de transactions (mécanisme de preuve de travail). Le gagnant reçoit des bitcoins nouvellement créés et des frais.
  4. Une offre limitée : le protocole plafonne le nombre total de bitcoins à 21 millions. La récompense des mineurs est divisée par deux tous les 210 000 blocs, soit environ tous les quatre ans (halving) ; le dernier a eu lieu en avril 2024.

Pour comprendre les bases techniques, voir algorithme et fonctionnement d’internet.

Les autres cryptoactifs

CatégoriePrincipeExemples
Cryptomonnaies « natives »Actif propre à une blockchainBitcoin, ether (réseau Ethereum, lancé en 2015)
Stablecoins (jetons stables)Valeur adossée à une monnaie officielle ou à des actifs de réserveJetons arrimés au dollar ou à l’euro
Jetons non fongibles (NFT)Certificat numérique unique associé à un objetŒuvres numériques, objets de jeux

Ethereum a abandonné la preuve de travail pour la preuve d’enjeu en 2022, ce qui a fortement réduit sa consommation d’électricité.

Le bitcoin est-il une monnaie ?

Au regard des trois fonctions classiques de la monnaie, la réponse des économistes et des banques centrales est généralement négative :

  • Unité de compte : très peu de prix sont exprimés en bitcoins.
  • Intermédiaire des échanges : son usage pour les paiements courants reste marginal ; les transactions peuvent être lentes et coûteuses en période de forte activité.
  • Réserve de valeur : sa volatilité est extrême ; son cours a connu plusieurs chutes de plus de 70 %.

Ses partisans y voient un « or numérique », protégé contre l'inflation par son offre limitée et indépendant des États. Ses critiques soulignent l’absence de valeur intrinsèque et de garant, la spéculation et les usages illicites.

Les risques

  • Perte en capital importante, en raison de la volatilité.
  • Piratage des plateformes et des portefeuilles, escroqueries (faux sites de placement, promesses de rendements garantis, arnaques sur les réseaux sociaux ; voir phishing).
  • Faillite d’intermédiaires : l’effondrement de la plateforme FTX en novembre 2022 a privé de nombreux clients de leurs avoirs.
  • Impact environnemental du minage par preuve de travail, très consommateur d’électricité.
  • Risque réglementaire et fiscal.

Dans l’Union européenne et en France

  • Le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) encadre les émetteurs de cryptoactifs et les prestataires de services. Il s’applique aux jetons stables depuis le 30 juin 2024 et à l’ensemble des prestataires depuis le 30 décembre 2024, avec une période transitoire.
  • En France, l'Autorité des marchés financiers (AMF) délivre les autorisations et publie des listes noires de sites non autorisés. Les plus-values de cession réalisées par les particuliers sont imposables.

Au Canada et au Québec

Les plateformes de négociation de cryptoactifs doivent s’inscrire auprès des autorités en valeurs mobilières (au Québec, l'Autorité des marchés financiers). L’Agence du revenu du Canada considère les cryptoactifs comme des biens : leur cession peut générer un gain en capital ou un revenu d’entreprise imposable.

Les monnaies numériques de banque centrale

En réponse au développement des cryptoactifs et des paiements privés, plusieurs banques centrales étudient des monnaies numériques de banque centrale : l’Eurosystème prépare un euro numérique (voir euro). À la différence des cryptoactifs, elles auraient cours légal et seraient garanties par la banque centrale.

Questions fréquentes

Qui contrôle le bitcoin ?

Aucune entité unique. Les règles sont fixées par le logiciel, que les participants (développeurs, mineurs, utilisateurs) font évoluer par consensus.

Peut-on payer en bitcoins en France ?

Un commerçant peut l’accepter s’il le souhaite, mais il n’y est pas obligé : le bitcoin n’a pas cours légal.

Qu’est-ce qu’un portefeuille (wallet) ?

Un logiciel ou un appareil qui conserve les clés privées permettant d’utiliser ses cryptoactifs. Il peut être géré par une plateforme (portefeuille de garde) ou par l’utilisateur lui-même.

À lire aussi

Monnaie et finance : toutes les fiches