Économie · Finances personnelles
Épargne
L’épargne est la part du revenu disponible qui n’est pas consommée. Elle peut être conservée sous forme liquide ou placée, et elle finance l’investissement de l’économie.
Mis à jour le 4 min de lecture
L'épargne est à la fois une décision individuelle — mettre de côté pour l’avenir — et une grandeur macroéconomique suivie par l’Insee et Statistique Canada. Les Français comptent parmi les ménages qui épargnent le plus en Europe. Cette fiche présente les principes généraux ; elle ne constitue pas un conseil en placement, qui doit tenir compte de la situation de chacun.
Le taux d’épargne
| Indicateur | Définition |
|---|---|
| Taux d’épargne des ménages | Part du revenu disponible brut non consommée |
| Taux d’épargne financière | Part consacrée aux placements financiers et au remboursement des dettes, hors investissement immobilier |
En France, le taux d’épargne des ménages se situe autour de 18 % du revenu disponible brut au milieu des années 2020, au-dessus de sa moyenne des années 2010 (environ 14-15 %), après un pic à plus de 20 % en 2020, pendant les confinements (Insee). Au Canada, le taux d’épargne des ménages mesuré par Statistique Canada est historiquement plus faible, même s’il a fortement augmenté en 2020.
Pourquoi épargne-t-on ?
- Précaution : faire face aux imprévus (perte d’emploi, maladie, panne). C’est le motif qui augmente le plus en période d’incertitude.
- Projets : achat d’un logement, d’une voiture, études des enfants.
- Retraite : maintenir son niveau de vie après la fin de l’activité. L’économiste Franco Modigliani (prix Nobel 1985) a formalisé ce lissage dans la théorie du cycle de vie : on épargne pendant la vie active et on désépargne à la retraite.
- Transmission : laisser un patrimoine à ses enfants.
- Spéculation : profiter d’une hausse attendue de la valeur d’un actif.
Selon Keynes, l’épargne dépend d’abord du revenu ; selon les classiques, du taux d’intérêt. Les deux jouent, mais le revenu et l’incertitude sont en pratique déterminants.
Le rôle économique de l’épargne
L’épargne des uns finance l’investissement des autres : par l’intermédiaire des banques (crédits) ou des marchés financiers (actions, obligations ; voir Bourse). Mais une épargne trop forte au même moment peut réduire la demande et freiner l’activité : c’est le paradoxe de l’épargne décrit par Keynes.
Les trois critères d’un placement
Aucun placement ne réunit à la fois une liquidité totale, une sécurité totale et un rendement élevé. C’est le triangle de l’épargne :
| Critère | Question | Exemple de placement fort sur ce critère |
|---|---|---|
| Liquidité | Puis-je récupérer mon argent rapidement, sans perte ? | Livret d’épargne, compte d’épargne |
| Sécurité | Mon capital est-il garanti ? | Livrets réglementés, dépôts couverts par la garantie des dépôts |
| Rendement | Combien cela rapporte-t-il ? | Actions, sur longue période, avec un risque élevé |
Le principe général est qu’un rendement espéré plus élevé s’accompagne d’un risque plus élevé. Toute offre promettant à la fois un rendement élevé et l’absence de risque doit éveiller la méfiance : c’est la signature de nombreuses arnaques.
Rendement réel
Ce qui compte est le rendement réel, après inflation, frais et impôts. Un placement à 2 % dans une économie où les prix montent de 3 % fait perdre du pouvoir d’achat.
Horizon et diversification
- L’horizon de placement : l’argent dont on aura besoin à court terme doit rester sur des supports sûrs et liquides ; les supports plus risqués ne se conçoivent que sur une longue durée.
- La diversification : répartir son épargne entre plusieurs types d’actifs limite l’effet d’une mauvaise surprise sur l’un d’eux.
- Le temps : grâce aux intérêts composés, commencer tôt pèse souvent plus que le montant épargné.
Les grandes familles de placements
| Famille | France (exemples) | Québec et Canada (exemples) |
|---|---|---|
| Épargne réglementée ou garantie | Livret A, LDDS, LEP, plan d’épargne logement | Comptes d’épargne, certificats de placement garanti (CPG) |
| Comptes à avantage fiscal | Assurance vie, plan d’épargne en actions (PEA), plan d’épargne retraite (PER) | CELI, REER, CELIAPP, REEE |
| Titres financiers | Actions et obligations, fonds | Actions, obligations, fonds communs, FNB |
| Immobilier | Résidence principale, investissement locatif, SCPI | Résidence principale, immeubles à revenus |
Protection de l’épargne
- En France, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) couvre les dépôts jusqu’à 100 000 € par client et par établissement ; les sommes déposées sur le Livret A, le LDDS et le LEP font l’objet d’une garantie distincte du même montant.
- Au Québec, l'Autorité des marchés financiers garantit les dépôts dans les institutions de dépôt autorisées par le Québec (dont les caisses Desjardins) jusqu’à 100 000 $ par catégorie admissible ; dans les banques sous compétence fédérale, c’est la Société d’assurance-dépôts du Canada (SADC).
- Avant tout placement, vérifier que l’intermédiaire est autorisé : listes de l’AMF française et de l’AMF québécoise.
Questions fréquentes
Quelle différence entre épargne et placement ?
L’épargne est l’argent non dépensé ; le placement est l’usage qu’on en fait pour le faire fructifier. De l’argent laissé sur un compte courant est de l’épargne, mais n’est pas placé.
Pourquoi les Français épargnent-ils autant ?
Les explications avancées incluent une forte épargne de précaution, l’attrait pour l’immobilier et l’assurance vie, et des inquiétudes sur l’avenir des retraites et de la fiscalité. L’épargne augmente aussi quand l’inflation et l’incertitude montent.
L’épargne sur un compte courant rapporte-t-elle ?
En général non, ou très peu. Elle reste disponible, mais perd du pouvoir d’achat avec l’inflation.