Aller au contenu
connaissance.org

Mythologies et religions · Religions du monde

L’hindouisme

L’hindouisme est un ensemble de traditions religieuses nées en Inde, sans fondateur unique, fondé sur le karma, les renaissances et la libération. Il comptait environ 1,2 milliard de fidèles en 2020.

Mis à jour le 5 min de lecture

L'hindouisme est la troisième religion du monde par le nombre de fidèles : environ 1,2 milliard en 2020 selon le Pew Research Center, soit 14,9 % de la population mondiale. Près de 95 % des hindous vivent en Inde, les autres principalement au Népal, au Bangladesh, au Sri Lanka et dans les diasporas. Les fidèles l’appellent souvent sanatana dharma, « l’ordre éternel ». Le mot « hindou » vient du nom perse de l’Indus (Hindu) ; le terme « hindouisme » s’est imposé en Occident au XIXe siècle pour désigner une grande variété de croyances et de pratiques qui n’ont ni fondateur, ni autorité centrale, ni dogme unique.

Les origines

L’hindouisme s’est formé sur plus de trois millénaires. Ses textes les plus anciens, les Védas, composés en sanskrit védique, remontent pour les plus anciens (le Rig-Veda) au IIe millénaire av. J.-C. et ont longtemps été transmis oralement. La religion védique, centrée sur les sacrifices au feu dirigés par les brahmanes, a évolué vers les spéculations philosophiques des Upanishad (à partir du VIIIe-VIe siècle av. J.-C. environ), puis vers les grands courants dévotionnels centrés sur des dieux personnels comme Vishnou et Shiva.

Les grandes notions

NotionSens
BrahmanLa réalité absolue, principe ultime de l’univers
AtmanLe soi profond de chaque être ; dans certaines écoles, identique au brahman
DharmaL’ordre cosmique et moral ; le devoir propre à chacun selon sa situation
KarmaLoi selon laquelle tout acte produit des conséquences, dans cette vie ou les suivantes
SamsaraLe cycle des naissances, des morts et des renaissances
MokshaLa libération définitive de ce cycle, but ultime de la vie spirituelle

Les textes classiques distinguent quatre buts légitimes de l’existence : le dharma (vie juste), l'artha (prospérité), le kama (plaisir, amour) et le moksha (libération).

Les voies de la libération

La Bhagavad-Gita présente plusieurs chemins (yoga, au sens de « voie ») :

  • le jnana-yoga, voie de la connaissance ;
  • le karma-yoga, voie de l’action accomplie sans attachement à ses fruits ;
  • le bhakti-yoga, voie de la dévotion amoureuse envers un dieu, aujourd’hui la plus répandue ;
  • le raja-yoga, voie de la méditation, décrite dans les Yoga-sutras de Patanjali.

Dieux et déesses

L’hindouisme admet une multitude de divinités. Beaucoup de fidèles les considèrent comme les formes ou les manifestations d’un principe divin unique ; d’autres vénèrent un dieu suprême particulier. Une présentation classique, la Trimurti, associe trois fonctions cosmiques :

DieuFonctionAttributsÉpouse
BrahmaCréationQuatre têtes, VédasSarasvati, déesse du savoir
VishnouPréservation de l’ordre du mondeDisque, conque, couleur bleueLakshmi, déesse de la prospérité
ShivaDestruction et transformationTrident, troisième œil, lingam, danse cosmiqueParvati (aussi Durga, Kali)

Selon la tradition, Vishnou s’incarne sur terre sous diverses formes, les avatars, pour rétablir le dharma. Les plus vénérés sont Rama, héros du Ramayana, et Krishna, figure centrale de la Bhagavad-Gita. Ganesh, à tête d’éléphant, fils de Shiva et Parvati, est invoqué au début de toute entreprise ; Hanuman, dieu singe, est le dévoué compagnon de Rama. La Déesse (Devi), sous les formes de Durga ou Kali, est l’objet d’un culte majeur, le shaktisme.

Les principaux courants dévotionnels sont le vishnouisme, le shivaïsme et le shaktisme.

Les textes sacrés

Les textes hindous se répartissent en deux catégories :

  • la shruti (« ce qui a été entendu »), considérée comme révélée : les quatre Védas (Rig, Sama, Yajur, Atharva), avec leurs commentaires, dont les Upanishad ;
  • la smriti (« ce dont on se souvient »), transmise par la tradition : les grandes épopées, le Mahabharata (qui contient la Bhagavad-Gita) et le Ramayana, les Purana et les traités de lois, dont les Lois de Manu.

Les pratiques

  • La puja : culte rendu à une divinité à la maison ou au temple, avec offrandes de fleurs, de nourriture, d’encens et de lumière.
  • Les temples (mandir) abritent les images des dieux (murti), considérées comme habitées par la présence divine.
  • Les pèlerinages : vers des villes saintes comme Varanasi (Bénarès), au bord du Gange, fleuve sacré, ou lors de la Kumbh Mela, l’un des plus grands rassemblements religieux du monde.
  • Les rites de passage (samskara), de la naissance à la crémation, qui est la pratique funéraire la plus courante.
  • Le respect de la vie : beaucoup d’hindous sont végétariens, et la vache est considérée comme sacrée.
  • La méditation et le yoga, nés dans ce contexte religieux.

Les grandes fêtes incluent Diwali, fête des lumières, et Holi, fête des couleurs au printemps.

Le système des castes

La société hindoue traditionnelle s’est organisée selon deux systèmes liés :

  • les quatre varna décrits dans les textes : brahmanes (prêtres et lettrés), kshatriya (guerriers et rois), vaishya (marchands et agriculteurs), shudra (serviteurs) ;
  • les milliers de jati, groupes héréditaires définis par la profession, le mariage endogame et le statut, qui structurent la vie sociale réelle.

Hors de ce système, les groupes autrefois appelés « intouchables », aujourd’hui dalits, ont subi de fortes discriminations. La Constitution indienne de 1950, rédigée sous la direction de B. R. Ambedkar, lui-même dalit, abolit l’intouchabilité et interdit les discriminations fondées sur la caste ; des politiques de quotas existent. Les castes restent néanmoins une réalité sociale, débattue en Inde comme parmi les hindous eux-mêmes.

Questions fréquentes

L’hindouisme est-il polythéiste ?

La réponse dépend des courants. L’hindouisme compte de nombreuses divinités, mais beaucoup d’hindous y voient les manifestations d’un même principe divin, le brahman, ou vénèrent un dieu suprême (Vishnou, Shiva, la Déesse). Les spécialistes parlent parfois d’hénothéisme.

Qui a fondé l’hindouisme ?

Personne. L’hindouisme n’a pas de fondateur : il s’est formé progressivement à partir de la religion védique et de nombreuses traditions locales de l’Inde.

Quelle est la différence entre hindouisme et bouddhisme ?

Le bouddhisme est né au sein du monde indien, au Ve siècle av. J.-C. environ, en partageant les notions de karma et de renaissance. Mais il rejette l’autorité des Védas et l’idée d’un soi permanent (atman), et ne reconnaît pas le système des castes comme voie de salut.

Pourquoi la vache est-elle sacrée en Inde ?

Elle symbolise la générosité de la terre et la non-violence, et elle est associée à Krishna, dieu bouvier. Sa protection est un principe religieux majeur pour beaucoup d’hindous et fait l’objet de lois dans plusieurs États indiens.

À lire aussi

Religions du monde : toutes les fiches