Mythologies et religions · Religions du monde
Le confucianisme
Le confucianisme est la tradition issue de l’enseignement de Confucius (551-479 av. J.-C.). Fondé sur l’humanité, les rites et la piété filiale, il a structuré la morale et l’État en Asie orientale.
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Le confucianisme est souvent décrit comme une philosophie morale et politique plutôt que comme une religion : il ne repose ni sur une révélation, ni sur un dieu créateur, ni sur un clergé. Il comporte pourtant une dimension religieuse, à travers le culte du Ciel (tian), le culte des ancêtres et les rites rendus à Confucius lui-même dans des temples. En chinois, on parle de rujia ou rujiao, « l’école » ou « l’enseignement des lettrés ». Il a profondément marqué la Chine, la Corée, le Vietnam et le Japon.
Confucius
Confucius est le nom latinisé, par les missionnaires jésuites, de Kong Fuzi (« Maître Kong »). Né en 551 av. J.-C. dans l’État de Lu (province actuelle du Shandong) et mort en 479 av. J.-C. selon la chronologie traditionnelle, il vit à une époque de divisions politiques et de guerres entre principautés. Issu de la petite aristocratie, il exerce des fonctions administratives, puis voyage de cour en cour pour proposer ses conseils aux princes, sans grand succès. Il se consacre surtout à l'enseignement : la tradition lui attribue trois mille disciples, dont soixante-douze proches.
Il ne se présentait pas comme un innovateur, mais comme un transmetteur de la sagesse des anciens rois de la dynastie Zhou.
Les textes
| Texte | Contenu |
|---|---|
| Entretiens (Lunyu) | Paroles et dialogues de Confucius, recueillis par ses disciples après sa mort ; principale source sur sa pensée |
| Mencius (Mengzi) | Enseignement de Mencius (IVe s. av. J.-C.) |
| La Grande Étude et L’Invariable Milieu | Deux chapitres du Livre des rites |
| Les Cinq Classiques | Livre des odes, Livre des documents, Livre des rites, Livre des mutations (Yi jing), Annales des printemps et automnes |
À partir des Song, les deux premiers ouvrages et les deux chapitres du Livre des rites forment les Quatre Livres, base de l’éducation des lettrés.
Les grandes valeurs
| Notion | Sens |
|---|---|
| Ren | Humanité, bienveillance : la vertu suprême, qui consiste à aimer les autres |
| Li | Rites et convenances : règles de comportement qui structurent les relations humaines |
| Xiao | Piété filiale : respect et obéissance envers les parents et les ancêtres |
| Yi | Droiture, sens du juste |
| Junzi | « L’homme de bien », idéal moral qui se perfectionne par l’étude et la pratique de la vertu |
| Zhengming | « Rectification des noms » : faire correspondre les mots et les rôles à la réalité |
Les Entretiens rapportent une formulation de la règle de réciprocité : « Ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse, ne le fais pas aux autres. »
Les cinq relations
La société confucéenne repose sur cinq relations fondamentales, chacune associant des devoirs réciproques : souverain et sujet, père et fils, mari et femme, frère aîné et frère cadet, ami et ami. Si chacun tient correctement son rôle, l’harmonie règne dans la famille et dans l’État. Le bon gouvernement repose sur l’exemple moral du souverain plus que sur la contrainte des lois.
Les successeurs : Mencius et Xunzi
- Mencius (Mengzi, vers 372-289 av. J.-C.) affirme que la nature humaine est bonne : chacun possède des germes de vertu qu’il faut cultiver. Il soutient qu’un souverain tyrannique perd le « mandat du Ciel » et que le peuple peut légitimement le renverser.
- Xunzi (IIIe siècle av. J.-C.) soutient au contraire que la nature humaine est mauvaise et que seuls les rites et l’éducation permettent de la redresser.
Le confucianisme, doctrine d’État
Sous la dynastie des Han, au IIe siècle av. J.-C., le confucianisme devient la doctrine officielle de l’État. À partir des Sui et des Tang (VIe–VIIe siècle), les fonctionnaires sont recrutés par des examens impériaux portant sur les classiques confucéens, système qui dure jusqu’en 1905. Cette méritocratie lettrée a façonné la société chinoise pendant plus d’un millénaire (voir Chine impériale).
Le néo-confucianisme
À partir du XIe siècle, sous les Song, des penseurs répondent au défi du bouddhisme et du taoïsme en développant une métaphysique confucéenne : c’est le néo-confucianisme. Zhu Xi (1130-1200) en est la figure majeure ; ses commentaires des Quatre Livres deviennent la référence des examens. Au XVIe siècle, Wang Yangming insiste sur la connaissance intuitive du bien et l’unité du savoir et de l’action.
La dimension religieuse
- Le culte des ancêtres, pratiqué dans les familles devant des tablettes portant leurs noms, est au cœur de la piété filiale.
- Les temples de Confucius, dont le principal est à Qufu, sa ville natale, accueillaient des cérémonies officielles.
- Le culte du Ciel était réservé à l’empereur, « Fils du Ciel », au temple du Ciel de Pékin.
Influence et débats contemporains
Le confucianisme a été vivement critiqué en Chine au début du XXe siècle (mouvement du 4 mai 1919) comme responsable de l’immobilisme et de la soumission des femmes, puis attaqué pendant la Révolution culturelle (campagne contre Lin Biao et Confucius, 1973-1974). Il fait l’objet d’un regain d’intérêt depuis les années 1980, y compris de la part des autorités chinoises. Ses valeurs – respect des aînés, importance de l’éducation, sens du collectif – restent présentes en Asie orientale, en Corée du Sud notamment.
Questions fréquentes
Le confucianisme est-il une religion ?
C’est débattu. Il ne comporte ni dieu créateur, ni révélation, ni clergé, et se présente surtout comme une morale et une philosophie politique. Mais il inclut des rites, un culte des ancêtres et des temples, ce qui conduit certains chercheurs à le considérer comme une tradition religieuse.
Quelle est la différence entre confucianisme et taoïsme ?
Le confucianisme insiste sur les rites, l’éducation, les devoirs familiaux et le bon gouvernement. Le taoïsme valorise la spontanéité, la nature et le non-agir, et se méfie des règles sociales. Les deux ont coexisté et se sont influencés.
Qu’est-ce que la piété filiale ?
Le devoir de respect, d’obéissance et de soin envers ses parents, de leur vivant comme après leur mort par le culte des ancêtres. C’est l’une des valeurs centrales du confucianisme.
Confucius a-t-il écrit des livres ?
La tradition lui attribue l’édition des Classiques et la rédaction des Annales des printemps et automnes, ce que les historiens jugent incertain. Les Entretiens ont été rédigés par ses disciples.