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Sport · Jeux olympiques

Pierre de Coubertin

Pierre de Coubertin (1863-1937) est le pédagogue et historien français qui a fait renaître les Jeux olympiques : il a fondé le Comité international olympique en 1894 et l’a présidé de 1896 à 1925.

Mis à jour le 3 min de lecture

Pierre de Coubertin est l’homme sans qui les Jeux olympiques modernes n’existeraient sans doute pas sous leur forme actuelle. Aristocrate, réformateur de l’éducation, infatigable organisateur, il a imposé en quelques années une idée que beaucoup jugeaient chimérique : réunir tous les quatre ans les sportifs du monde entier.

Repères biographiques

DateÉvénement
1er janvier 1863Naissance à Paris, dans une famille aristocratique
1883Voyage en Angleterre : découverte du sport dans les collèges britanniques
1888Secrétaire général d’un comité pour la propagation des exercices physiques dans l’éducation
25 novembre 1892Propose publiquement, à la Sorbonne, le rétablissement des Jeux olympiques
23 juin 1894Congrès de la Sorbonne : création du Comité international olympique
1896Premiers Jeux modernes à Athènes ; devient président du CIO
1912Médaille d’or du concours de littérature des Jeux de Stockholm, pour son Ode au sport, sous pseudonyme
1915Installe le CIO à Lausanne
1925Quitte la présidence du CIO
2 septembre 1937Mort à Genève ; son cœur est déposé à Olympie, dans une stèle

Un projet d’abord éducatif

Coubertin n’est pas d’abord un sportif, même s’il pratique l’aviron, la boxe, l’escrime et l’équitation. C’est un pédagogue marqué par la défaite française de 1870 (voir la guerre de 1870). Il admire le modèle des public schools anglaises, et en particulier celui de Thomas Arnold, directeur de l’école de Rugby, où le sport forme le caractère et l’esprit d’équipe. Il veut introduire le sport dans l’école française, jugée trop intellectuelle.

Les Jeux olympiques sont pour lui l’aboutissement de ce projet : une fête internationale qui donnera au sport prestige et visibilité, et qui favorisera la paix par la rencontre des jeunesses. Le choix du nom olympique, inspiré des fouilles d’Olympie qui passionnent alors l’Europe (voir les Jeux antiques), donne à l’entreprise une légitimité historique.

Le fondateur du mouvement olympique

Au congrès de la Sorbonne de juin 1894, Coubertin réunit des délégués d’une douzaine de pays et obtient la création du CIO. Le Grec Dimitrios Vikelas en devient le premier président, Coubertin lui succédant en 1896. Sous sa présidence, il fixe une grande partie du cadre olympique :

  • la charte et le principe d’un comité indépendant des États, qui recrute ses propres membres ;
  • les anneaux olympiques, qu’il dessine en 1913 (voir les symboles olympiques) ;
  • l’adoption de la devise « Citius, Altius, Fortius », proposée par son ami le père dominicain Henri Didon ;
  • les Jeux d’hiver, lancés à Chamonix en 1924 ;
  • le pentathlon moderne, qu’il crée pour les Jeux de 1912 ;
  • les concours d’art, qui ont récompensé architecture, littérature, musique, peinture et sculpture de 1912 à 1948.

Il obtient aussi pour Paris les Jeux de 1924, ses derniers comme président.

L’idéal olympique

Coubertin a forgé le terme d'olympisme, philosophie qui associe le sport, la culture et l’éducation. La phrase qu’on lui attribue le plus souvent, « l’important c’est de participer », reprend en fait une idée prononcée lors d’un sermon de l’évêque américain Ethelbert Talbot pendant les Jeux de Londres en 1908. Coubertin l’a citée et prolongée : pour lui, l’essentiel « n’est pas d’avoir vaincu mais de s’être bien battu ».

Les zones d’ombre

Le personnage est aujourd’hui discuté. Coubertin s’est opposé à la participation des femmes aux compétitions olympiques, qu’il jugeait inesthétique et contraire à leur rôle ; elles ont pourtant concouru dès 1900. Il a tenu des propos favorables à la colonisation, conformes à de nombreux discours de son époque, et a fait l’éloge de l’organisation des Jeux de Berlin en 1936. Il est mort ruiné, ayant consacré sa fortune au mouvement olympique.

Questions fréquentes

Coubertin a-t-il été champion olympique ?

Oui, d’une certaine façon : il a reçu la médaille d’or du concours de littérature des Jeux de Stockholm en 1912, sous le pseudonyme de Georges Hohrod et M. Eschbach. Ces concours d’art distribuaient alors de véritables médailles olympiques.

Où est enterré Pierre de Coubertin ?

Son corps repose au cimetière du Bois-de-Vaux, à Lausanne. Selon sa volonté, son cœur a été placé dans une stèle près du site antique d’Olympie.

Pourquoi « baron » de Coubertin ?

Le titre de baron était un titre de famille, transmis par son père. Il n’avait aucun lien avec ses fonctions dans le mouvement olympique, mais il l’a aidé à évoluer dans les milieux aristocratiques qui dominaient alors le sport international.

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