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Sciences · Énergie et technologies

La transition énergétique

La transition énergétique désigne le passage d’un système fondé sur les énergies fossiles à un système bas carbone. Elle repose sur trois leviers : sobriété, efficacité énergétique et production d’énergie décarbonée.

Mis à jour le 4 min de lecture

L’humanité a déjà connu des transitions énergétiques : du bois au charbon au XIXe siècle, du charbon au pétrole au XXe. Mais elles se sont surtout additionnées : on n’a jamais brûlé autant de charbon qu’aujourd’hui. La transition actuelle est inédite : elle doit être rapide, volontaire et remplacer réellement les énergies fossiles, pour limiter le réchauffement climatique.

Pourquoi une transition ?

  • Le climat : la combustion des énergies fossiles cause environ les trois quarts des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, le GIEC indique que les émissions mondiales de CO₂ doivent atteindre la neutralité vers 2050.
  • La santé : la pollution de l’air liée aux combustions provoque des millions de décès prématurés chaque année dans le monde.
  • L’indépendance : l’Europe importe l’essentiel de ses hydrocarbures, ce qui l’expose aux crises géopolitiques, comme en 2022.
  • Les ressources : le pétrole et le gaz bon marché ne sont pas illimités.

Les trois leviers

LevierPrincipeExemples
sobriétéréduire les besoins par des choix d’usage et d’organisationbaisser le chauffage à 19 °C, covoiturage, télétravail, réduire la vitesse, véhicules plus légers
efficacitéobtenir le même service avec moins d’énergieisolation des bâtiments, pompes à chaleur, LED, moteurs électriques
décarbonationproduire l’énergie restante sans fossilesrenouvelables, nucléaire, biomasse durable, chaleur de récupération

Ces trois leviers, popularisés en France par l’association négaWatt, sont complémentaires : produire de l’énergie bas carbone coûte cher, il est donc plus efficace de réduire d’abord la demande.

L’électrification des usages

L’électricité bas carbone est au cœur des scénarios : elle peut remplacer le pétrole dans les transports (voiture électrique), le gaz et le fioul dans le chauffage (pompes à chaleur) et une partie des combustibles dans l’industrie. La part de l’électricité dans la consommation finale doit ainsi passer d’environ un quart aujourd’hui à plus de la moitié en 2050 dans la plupart des scénarios français. Là où l’électricité directe est difficile (acier, engrais, aviation, transport maritime), l'hydrogène bas carbone et les carburants de synthèse sont envisagés.

Les objectifs

Au niveau international

L'accord de Paris (2015) vise à contenir le réchauffement nettement en dessous de 2 °C, si possible à 1,5 °C. La COP28 (2023) appelle à tripler les capacités renouvelables mondiales d’ici 2030 et à « transitionner hors des énergies fossiles ».

Dans l’Union européenne

  • neutralité climatique en 2050, inscrite dans la loi européenne sur le climat (2021) ;
  • réduction nette des émissions d’au moins 55 % en 2030 par rapport à 1990 (paquet « Fit for 55 ») ;
  • fin de la vente des voitures neuves émettant du CO₂ en 2035 ;
  • marché du carbone (quotas d’émission) étendu progressivement au chauffage et aux carburants.

En France

TexteApports
loi de transition énergétique pour la croissance verte (2015)objectifs de réduction des émissions et de la consommation d’énergie
loi énergie-climat (2019)neutralité carbone en 2050
loi climat et résilience (2021)interdiction progressive de la location des logements les plus énergivores (« passoires thermiques »)
loi d’accélération des énergies renouvelables (2023)simplification des procédures, solaire sur les parkings
loi d’accélération du nucléaire (2023)simplification de la construction de nouveaux réacteurs

La stratégie nationale bas carbone (SNBC) fixe les budgets carbone par période et la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) les trajectoires de chaque filière (voir mix énergétique de la France).

Les défis

  • Le rythme : les émissions françaises baissent, mais elles doivent baisser environ deux fois plus vite pour tenir les objectifs de 2030.
  • Le coût et la justice sociale : rénovation des logements, véhicules, réseaux électriques demandent des investissements massifs, qu’il faut répartir équitablement. La crise des gilets jaunes, déclenchée en 2018 par la hausse de la taxe sur les carburants, en a montré la sensibilité.
  • Les matériaux : batteries, éoliennes et réseaux exigent du cuivre, du lithium, du nickel, des terres rares, dont l’extraction a ses propres impacts.
  • L’acceptabilité : éoliennes, lignes électriques, centrales ou méthaniseurs suscitent souvent des oppositions locales.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre transition énergétique et transition écologique ?

La transition énergétique porte sur l’énergie (production et consommation). La transition écologique est plus large : elle inclut aussi la biodiversité, l’eau, les sols, les déchets et l’économie circulaire.

Que peut faire un particulier ?

Les gestes qui pèsent le plus sont généralement l’isolation et le mode de chauffage du logement, le choix d’un véhicule plus sobre ou électrique, la réduction des trajets en avion et en voiture, et l’alimentation, en particulier la consommation de viande (voir empreinte carbone).

La transition énergétique est-elle possible avec 100 % de renouvelables ?

Des études, dont celles de RTE en 2021, montrent que plusieurs mix sont techniquement envisageables pour la France en 2050, avec ou sans nouveau nucléaire. Les scénarios 100 % renouvelables exigent davantage de stockage, de flexibilité et de lignes électriques, et posent des défis industriels importants.

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