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Histoire · XXIe siècle

Les attentats du 13 novembre 2015

Le 13 novembre 2015, des commandos de l’État islamique attaquent le Stade de France, des terrasses et le Bataclan, à Paris et Saint-Denis. Ces attentats font 130 morts et plus de 400 blessés.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les attentats du 13 novembre 2015 sont les attaques terroristes les plus meurtrières commises en France depuis la Seconde Guerre mondiale. En une soirée, trois commandos coordonnés, dix hommes au total, frappent aux abords du Stade de France à Saint-Denis, sur des terrasses de cafés et de restaurants des 10e et 11e arrondissements de Paris et dans la salle de concert du Bataclan. Le bilan est de 130 morts et de plus de 400 blessés. Revendiqués par l’organisation État islamique (Daech), préparés depuis la Syrie et la Belgique, ces attentats entraînent la proclamation de l'état d’urgence, qui durera près de deux ans. Ils surviennent dix mois après les attentats de janvier 2015.

Le déroulement de la soirée

Heure (approximative)LieuFaits
21 h 16Stade de France, Saint-DenisPremier kamikaze, pendant le match amical France-Allemagne ; un passant tué
21 h 20 et 21 h 53Stade de FranceDeux autres explosions ; les kamikazes n’ont pas pu entrer dans le stade
21 h 25Le Carillon et Le Petit Cambodge (10e)Fusillade sur les terrasses : 13 morts
21 h 32Rue de la Fontaine-au-Roi (11e)Fusillade devant deux établissements : 5 morts
21 h 36La Belle Équipe, rue de Charonne (11e)Fusillade : 21 morts
21 h 40Comptoir Voltaire (11e)Un kamikaze se fait exploser, faisant des blessés
21 h 40Bataclan (11e)Trois assaillants ouvrent le feu pendant un concert du groupe Eagles of Death Metal : 90 morts
Vers 0 h 18BataclanAssaut de la BRI ; fin de la prise d’otages

Au Bataclan, environ 1 500 spectateurs assistent au concert. Un commissaire de police et son équipier, arrivés les premiers, abattent l’un des assaillants. Les deux autres se retranchent avec des otages et meurent lors de l’assaut des policiers de la brigade de recherche et d’intervention (BRI).

Les victimes

Les 130 victimes ont en majorité entre 20 et 40 ans ; elles sont de plus de vingt nationalités. Le choix des cibles — un stade, des terrasses, une salle de concert — vise des lieux de loisir et de sociabilité, symboles d’un mode de vie. Des centaines de personnes restent marquées par des blessures physiques et psychiques. Des associations de victimes, comme 13onze15 et Life for Paris, ont été créées.

Les auteurs

Les attaques sont revendiquées le 14 novembre par l'État islamique, organisation djihadiste qui contrôlait alors un territoire à cheval sur la Syrie et l’Irak, né dans le chaos de la guerre civile syrienne (voir printemps arabe). La France participait depuis 2014 à la coalition internationale qui la bombardait.

Les commandos sont composés principalement de Français et de Belges partis combattre en Syrie, revenus en Europe parmi les flux de réfugiés ou par leurs propres moyens. Le coordinateur présumé sur place, Abdelhamid Abaaoud, est tué le 18 novembre lors d’un assaut policier à Saint-Denis. Le seul membre survivant des commandos, Salah Abdeslam, qui avait abandonné sa ceinture explosive, est arrêté à Bruxelles le 18 mars 2016, quatre jours avant les attentats de Bruxelles (22 mars 2016), commis par la même cellule.

Les réponses de l’État

  • L’état d’urgence est décrété dans la nuit du 13 au 14 novembre et prolongé à six reprises jusqu’au 1er novembre 2017 ; il permet notamment des perquisitions administratives et des assignations à résidence. Plusieurs de ses mesures sont ensuite intégrées dans le droit commun par la loi de 2017 renforçant la sécurité intérieure.
  • Le 16 novembre 2015, le président François Hollande réunit le Parlement en Congrès à Versailles et déclare que la France est en guerre contre le terrorisme djihadiste. Le projet de révision constitutionnelle qui devait étendre la déchéance de nationalité est abandonné en 2016.
  • Les frappes contre l’État islamique en Syrie sont intensifiées ; l’opération Sentinelle mobilise jusqu’à 10 000 militaires sur le territoire.
  • Un hommage national aux victimes a lieu aux Invalides le 27 novembre 2015.

Le procès (V13)

Le procès des attentats, surnommé V13 (pour « vendredi 13 »), s’est tenu devant une cour d’assises spécialement composée, dans une salle construite à cet effet au palais de justice historique de Paris, du 8 septembre 2021 au 29 juin 2022. C’était le plus grand procès criminel de l’histoire judiciaire française, avec près de 2 600 parties civiles. Vingt accusés étaient jugés, dont six en leur absence (la plupart présumés morts en Syrie). Salah Abdeslam a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, la peine la plus lourde du droit français. Le procès a laissé une large place aux témoignages des survivants et des proches.

Questions fréquentes

Combien de morts lors des attentats du 13 novembre 2015 ?

130 morts, dont 90 au Bataclan, 39 sur les terrasses et 1 au Stade de France, et plus de 400 blessés. Sept des dix membres des commandos sont morts le soir même ; deux autres, dont Abdelhamid Abaaoud, ont été tués le 18 novembre à Saint-Denis, et Salah Abdeslam a été arrêté en 2016.

Qui a commis les attentats du 13 novembre ?

Des commandos de l’organisation État islamique, composés de Français et de Belges entraînés en Syrie, coordonnés depuis la Syrie et la Belgique. L’organisation a revendiqué les attaques le lendemain.

Qu’est-ce que le procès V13 ?

Le procès des attentats du 13 novembre 2015, tenu à Paris de septembre 2021 à juin 2022. Il a abouti à la condamnation de 20 accusés, dont Salah Abdeslam à la perpétuité incompressible.

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