Sciences · Terre et climat
Cyclones tropicaux, ouragans et typhons
Un cyclone tropical est une immense tempête tournante née au-dessus des océans chauds. On l’appelle ouragan dans l’Atlantique, typhon dans le Pacifique Nord-Ouest et cyclone dans l’océan Indien.
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Un cyclone tropical libère en une journée une énergie colossale, puisée dans la chaleur des océans tropicaux. Avec des vents qui peuvent dépasser 300 km/h, des pluies torrentielles et une montée brutale de la mer, il figure parmi les catastrophes naturelles les plus meurtrières. Chaque année, on en compte environ 80 à 90 dans le monde. Plusieurs territoires français, des Antilles à La Réunion et à Mayotte, y sont directement exposés.
Cyclone, ouragan, typhon : quelle différence ?
C’est le même phénomène. Seul le nom change selon la région :
| Nom | Région |
|---|---|
| Ouragan (hurricane) | Atlantique Nord, mer des Caraïbes, golfe du Mexique, Pacifique Nord-Est |
| Typhon | Pacifique Nord-Ouest (Japon, Chine, Philippines) |
| Cyclone | Océan Indien (dont La Réunion et Mayotte) et Pacifique Sud (Nouvelle-Calédonie, Polynésie) |
Le mot « ouragan » vient du taïno hurakán, dieu des tempêtes des peuples des Caraïbes ; « typhon » viendrait du grec Typhon, monstre des vents, peut-être croisé avec un mot chinois signifiant « grand vent ».
Comment se forme un cyclone ?
Plusieurs conditions doivent être réunies :
- Une mer chaude : au moins 26 °C environ sur une épaisseur d’une cinquantaine de mètres. C’est pourquoi les cyclones se forment surtout à la fin de l’été et en automne de chaque hémisphère.
- Un air humide et instable, qui permet le développement de nuages d’orage géants.
- Une distance suffisante de l’équateur, au moins 5° de latitude environ, pour que la force de Coriolis, due à la rotation de la Terre, mette l’air en rotation.
- Des vents d’altitude réguliers (faible cisaillement), qui ne « décapitent » pas la tempête naissante.
- Une perturbation initiale, souvent une onde partie d’Afrique pour les ouragans de l’Atlantique.
L’air chaud et humide s’élève, se refroidit et sa vapeur d’eau se condense en libérant de la chaleur, qui renforce l’ascendance et creuse la dépression : c’est le moteur du cyclone. Il s’affaiblit rapidement en arrivant sur terre ou sur des eaux plus froides, privé de sa source d’énergie.
Les vents tournent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère Nord et dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère Sud.
La structure d’un cyclone
- L’œil : une zone centrale de 10 à 60 km de diamètre environ, où le vent est faible et le ciel souvent dégagé. Le passage de l’œil donne une fausse impression de fin de tempête : les vents reprennent violemment, en sens inverse.
- Le mur de l’œil : un anneau de nuages d’orage où soufflent les vents les plus violents et tombent les pluies les plus fortes.
- Les bandes spiralées : des bras nuageux qui s’enroulent autour du centre sur plusieurs centaines de kilomètres.
Un cyclone peut mesurer de quelques centaines à plus de 1 000 km de diamètre et se déplace en général à 10 à 30 km/h.
L’échelle de Saffir-Simpson
Les ouragans sont classés selon la vitesse de leurs vents soutenus (moyennés sur une minute) :
| Stade | Vents soutenus | Dégâts typiques |
|---|---|---|
| Dépression tropicale | moins de 63 km/h | Pluies |
| Tempête tropicale | 63 à 118 km/h | La tempête reçoit un nom |
| Catégorie 1 | 119 à 153 km/h | Dégâts aux toitures légères, arbres arrachés |
| Catégorie 2 | 154 à 177 km/h | Dégâts importants, coupures d’électricité durables |
| Catégorie 3 | 178 à 208 km/h | Dégâts dévastateurs ; on parle de « cyclone majeur » |
| Catégorie 4 | 209 à 251 km/h | Destruction de nombreuses habitations |
| Catégorie 5 | 252 km/h et plus | Destruction quasi totale des constructions légères, zones inhabitables pendant des semaines |
Dans l’océan Indien Sud-Ouest, Météo-France utilise une classification légèrement différente (moyennes sur dix minutes), de « tempête tropicale modérée » à « cyclone tropical très intense ».
Les vrais dangers
Le vent n’est pas la première cause de mortalité :
- la marée de tempête (ou onde de tempête) : poussée par les vents et aspirée par la basse pression, la mer peut monter de plusieurs mètres et envahir les côtes basses ; c’est historiquement la cause de la majorité des décès ;
- les pluies diluviennes : plusieurs centaines de millimètres en un ou deux jours, provoquant inondations et glissements de terrain, parfois loin des côtes ;
- les vents et les projectiles qu’ils transportent ;
- les tornades qui naissent parfois dans les bandes nuageuses (voir tornades).
Quelques cyclones marquants
| Cyclone | Année | Région | Bilan |
|---|---|---|---|
| Cyclone de Bhola | 1970 | Bangladesh (alors Pakistan oriental) | Entre 300 000 et 500 000 morts, surtout par la marée de tempête |
| Ouragan Katrina | 2005 | Louisiane (États-Unis) | Environ 1 800 morts, inondation de La Nouvelle-Orléans |
| Typhon Haiyan | 2013 | Philippines | Plus de 6 000 morts |
| Ouragan Patricia | 2015 | Pacifique, Mexique | Vents soutenus records d’environ 345 km/h |
| Ouragan Irma | 2017 | Antilles, dont Saint-Martin et Saint-Barthélemy | Catégorie 5 ; destruction massive dans les îles du Nord |
| Cyclone Chido | 2024 | Mayotte | Le plus violent à frapper l’île depuis près d’un siècle ; destructions massives |
Les noms des cyclones
Depuis les années 1950-1970, les cyclones reçoivent des prénoms, tirés de listes établies à l’avance par l’Organisation météorologique mondiale pour chaque bassin, en alternant noms masculins et féminins. Les listes de l’Atlantique reviennent tous les six ans. Le nom d’un cyclone particulièrement meurtrier ou destructeur est retiré et remplacé : il n’y aura plus d’ouragan Katrina ni Irma.
Cyclones et réchauffement climatique
Selon le GIEC :
- la proportion de cyclones intenses (catégories 4 et 5) a probablement augmenté au cours des dernières décennies et devrait continuer à augmenter ;
- les pluies associées sont plus fortes, car un air plus chaud contient davantage de vapeur d’eau ;
- la montée du niveau de la mer aggrave les marées de tempête ;
- le nombre total de cyclones ne devrait pas augmenter, et pourrait même diminuer ou rester stable à l’échelle mondiale.
Ces tendances sont présentées avec l’ensemble des effets du réchauffement climatique.
Questions fréquentes
Quelle est la saison des cyclones ?
Dans l’Atlantique Nord et les Antilles, officiellement du 1er juin au 30 novembre, avec un pic de mi-août à mi-octobre. Dans le sud-ouest de l’océan Indien (La Réunion, Mayotte), de novembre à avril, avec un pic de janvier à mars.
Quelle est la différence entre un cyclone et une tornade ?
Un cyclone est une tempête de centaines de kilomètres qui dure des jours et naît sur les océans tropicaux. Une tornade est un tourbillon de quelques dizaines à centaines de mètres, qui dure quelques minutes et naît sous un orage, le plus souvent sur terre.
Que faire en cas d’alerte cyclonique ?
Suivre les consignes des autorités et les bulletins de Météo-France, préparer une réserve d’eau, de nourriture, de piles et de médicaments, protéger les ouvertures, et évacuer si l’ordre est donné, en particulier dans les zones exposées à la submersion. Pendant le passage de l’œil, ne pas sortir : les vents vont reprendre.