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Psychologie · Apprendre et mémoriser

La concentration

La concentration est la capacité à maintenir son attention sur une tâche en ignorant les distractions. Elle dépend moins de la volonté que de l’environnement, du sommeil et de l’organisation du travail.

Mis à jour le 4 min de lecture

Se concentrer, c’est orienter son attention sur une tâche et l’y maintenir malgré les sollicitations internes (pensées, fatigue) et externes (bruit, notifications). C’est une ressource limitée : la mémoire de travail, qui maintient et manipule l’information pendant que l’on réfléchit, ne peut traiter que quelques éléments à la fois. Bonne nouvelle : la plupart des difficultés de concentration viennent de facteurs que l’on peut modifier.

Les différentes formes d’attention

FormeDéfinitionExemple
Attention sélectiveSe focaliser sur une source en ignorant les autresSuivre une conversation dans un café bruyant
Attention soutenueMaintenir l’attention longtempsLire un chapitre, conduire de nuit
Attention diviséeTraiter plusieurs sources en même tempsConduire en écoutant la radio
Flexibilité attentionnellePasser volontairement d’une tâche à une autreAlterner entre deux dossiers

Le mythe du multitâche

Pour les tâches qui demandent de la réflexion, le cerveau ne fait pas deux choses à la fois : il alterne rapidement entre elles. Chaque bascule a un coût — le « coût de changement de tâche » — mesuré dans de nombreuses expériences depuis les années 1990 : temps perdu, erreurs plus nombreuses, impression de fatigue.

  • Une interruption, même brève, oblige à reconstruire ce que l’on était en train de faire.
  • Les personnes qui pratiquent beaucoup le multitâche médiatique ne sont pas meilleures pour filtrer les distractions ; certaines études suggèrent même l’inverse (Ophir, Nass et Wagner, 2009).
  • La simple présence du téléphone sur la table, même éteint, a été associée dans une étude de 2017 (Ward et coll.) à de moins bonnes performances cognitives, résultat dont les réplications sont toutefois mitigées.

Le multitâche fonctionne seulement quand l’une des tâches est automatisée (marcher en parlant). Téléphoner en conduisant, même avec un kit mains libres, augmente nettement le risque d’accident.

Pourquoi a-t-on du mal à se concentrer ?

CauseMécanisme
Manque de sommeilAltère directement l’attention soutenue et la mémoire de travail
Notifications, écransInterruptions fréquentes, tentation permanente
Tâche trop difficile ou trop facileAnxiété ou ennui, deux sources de distraction
Stress, soucisLes pensées parasites occupent la mémoire de travail
Faim, déshydratation, sédentaritéInconfort et baisse d’énergie
Absence d’objectif clairL’esprit vagabonde faute de prochaine étape définie
Environnement bruyantLe bruit avec paroles est particulièrement perturbant pour les tâches verbales

L’esprit vagabonde naturellement : dans une étude de Matthew Killingsworth et Daniel Gilbert (2010), les participants avaient l’esprit ailleurs pendant près de la moitié de leurs moments d’éveil. Le vagabondage n’est pas un défaut en soi — il sert la planification et la créativité —, mais il nuit aux tâches exigeantes.

Comment améliorer sa concentration

Organiser l’environnement

  1. Éloigner le téléphone dans une autre pièce ou dans un sac, en mode silencieux.
  2. Désactiver les notifications pendant les plages de travail.
  3. Une seule fenêtre ouverte : fermer les onglets inutiles.
  4. Un lieu dédié au travail, si possible calme ; des bouchons d’oreille ou un casque si nécessaire.

Structurer le travail

  1. Définir la prochaine action précise : « rédiger l’introduction » plutôt que « avancer sur le rapport ».
  2. Travailler par blocs suivis de pauses. La méthode Pomodoro, imaginée par l’Italien Francesco Cirillo à la fin des années 1980, propose 25 minutes de travail puis 5 minutes de pause, avec une pause longue toutes les quatre séquences. La durée idéale varie selon les personnes et les tâches : 25 à 50 minutes est une fourchette raisonnable.
  3. Placer les tâches exigeantes aux heures où l’on est le plus alerte.
  4. Regrouper les petites tâches (courriels, appels) dans des créneaux dédiés.
  5. Noter les pensées parasites sur une feuille pour s’en occuper plus tard.

Prendre soin de la machine

  1. Dormir suffisamment : c’est le levier le plus puissant (voir sommeil et mémoire).
  2. Bouger : une activité physique régulière est associée à de meilleures fonctions exécutives ; une courte marche pendant une pause aide à repartir.
  3. Faire de vraies pauses : sans écran, idéalement en extérieur.
  4. Méditer : la pratique de la pleine conscience a montré des effets modestes sur certaines mesures d’attention.

Concentration et procrastination

Beaucoup de « problèmes de concentration » sont en réalité des difficultés à commencer : la tâche est désagréable ou anxiogène, et l’on cherche une échappatoire. Les techniques de la fiche procrastination (découper, démarrer cinq minutes) aident alors davantage que les astuces d’attention.

Quand consulter ?

Des difficultés de concentration persistantes, présentes depuis l’enfance et dans plusieurs domaines de la vie, peuvent évoquer un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), qui concerne aussi les adultes. Des troubles récents de la concentration peuvent également accompagner une dépression, une anxiété, un trouble du sommeil ou certains problèmes de santé. Dans ces cas, un médecin peut orienter vers un bilan.

Questions fréquentes

Combien de temps peut-on rester concentré ?

Il n’existe pas de durée fixe : elle dépend de la tâche, de l’intérêt, de la fatigue et de l’entraînement. Beaucoup de personnes travaillent efficacement par blocs de 25 à 90 minutes entrecoupés de pauses.

La musique aide-t-elle à se concentrer ?

Cela dépend. La musique sans paroles à faible volume gêne peu et peut améliorer l’humeur ; les paroles perturbent davantage les tâches de lecture et d’écriture. L’effet varie selon les personnes.

Existe-t-il des aliments pour la concentration ?

Aucun aliment n’améliore notablement la concentration chez une personne en bonne santé et bien nourrie. Éviter la faim, boire suffisamment et limiter les repas très lourds avant un effort intellectuel est plus utile que les compléments.

Le café améliore-t-il la concentration ?

La caféine améliore la vigilance et l’attention, surtout en cas de fatigue. Son effet s’atténue avec l’habitude, et consommée tard elle dégrade le sommeil, donc la concentration du lendemain.

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