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Numérique · Internet et sécurité

Fake news et désinformation

Une fake news est une fausse information présentée comme vraie. On distingue la mésinformation, erreur partagée de bonne foi, et la désinformation, fausse information diffusée délibérément pour tromper.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les fausses informations ne sont pas nées avec internet : rumeurs, propagande et canulars existent depuis l’Antiquité. Ce qui a changé, c’est leur vitesse et leur portée. Sur les réseaux sociaux, n’importe qui peut toucher des millions de personnes en quelques heures, et l'IA générative permet de fabriquer des textes, des images et des vidéos crédibles à grande échelle.

Les mots pour en parler

L’expression anglaise fake news s’est popularisée vers 2016. La Commission d’enrichissement de la langue française recommande information fallacieuse ou infox. Les chercheurs préfèrent distinguer selon l’intention, à la suite du rapport de Claire Wardle et Hossein Derakhshan pour le Conseil de l’Europe (2017) :

TermeFaux ?Intention de nuire ?Exemple
MésinformationOuiNonPartager de bonne foi une fausse astuce de santé
DésinformationOuiOuiCampagne organisée de faux articles pour influencer une élection
MalinformationNon (vrai)OuiPublier des informations privées authentiques pour nuire

S’y ajoutent la satire (articles parodiques, comme ceux du Gorafi), qui n’a pas pour but de tromper mais est parfois prise au premier degré, et la propagande, communication orientée au service d’un pouvoir ou d’une cause.

Les formes de la fausse information

  • Contenu inventé : fait, chiffre ou citation qui n’existe pas.
  • Contenu détourné : vraie photo sortie de son contexte (autre pays, autre année).
  • Contenu trafiqué : image retouchée, vidéo montée, hypertrucage (deepfake) généré par IA.
  • Titre trompeur qui ne correspond pas au contenu de l’article.
  • Faux site imitant un média connu (adresse et logo copiés).
  • Faux experts et études fantaisistes.
  • Amplification artificielle : faux comptes, robots, réseaux coordonnés qui donnent l’illusion d’un mouvement d’opinion.

Pourquoi les fausses informations se propagent

  1. Elles surprennent et émeuvent : une étude publiée en 2018 dans Science (Vosoughi, Roy, Aral), portant sur des années de messages sur Twitter, a montré que les fausses informations se diffusaient plus loin, plus vite et plus largement que les vraies, en grande partie parce qu’elles paraissaient plus nouvelles et suscitaient plus de réactions.
  2. Les algorithmes favorisent les contenus qui génèrent de l’engagement.
  3. Nos biais : nous croyons plus volontiers ce qui confirme nos opinions (biais de confirmation) ; une information répétée paraît plus vraie (effet de vérité illusoire). Voir les biais cognitifs.
  4. La confiance : on partage ce que partagent ses proches.
  5. L’intérêt économique : les sites de fausses informations gagnent de l’argent grâce à la publicité générée par les clics.
  6. L’intérêt politique : des États et des groupes organisent des campagnes de manipulation de l’information.

Repérer une fausse information

VérificationComment
La sourceQui publie ? Le site existe-t-il depuis longtemps ? A-t-il des mentions légales ? (voir évaluer la fiabilité d’une source)
L’adresseUne lettre de différence avec un média connu, une extension inhabituelle
La dateUne ancienne information peut être republiée comme récente
Les autres médiasUne information importante est reprise par plusieurs médias fiables ; si on ne la trouve nulle part ailleurs, prudence
L’imageRecherche d’image inversée pour retrouver sa première publication
Le tonMajuscules, points d’exclamation, appel à « partager avant que ce soit censuré »
Les sites de vérificationRubriques de vérification des médias et agences de presse (AFP Factuel, Les Décodeurs, franceinfo, Libération CheckNews…)
  • La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse réprime déjà la publication de fausses nouvelles de nature à troubler la paix publique, ainsi que la diffamation.
  • La loi du 22 décembre 2018 relative à la lutte contre la manipulation de l’information permet, pendant les trois mois précédant une élection nationale, de saisir le juge en référé pour faire cesser la diffusion massive et artificielle de fausses informations, et impose des obligations de transparence aux plateformes.
  • Viginum, service rattaché au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, créé en 2021, détecte et caractérise les ingérences numériques étrangères.
  • Le règlement européen sur les services numériques (DSA) oblige les très grandes plateformes à évaluer et réduire les risques liés à la désinformation.

La lutte contre la désinformation se heurte à une exigence fondamentale : la liberté d’expression. Le droit sanctionne des faits précis, pas l’erreur ou l’opinion.

Questions fréquentes

Que faire si un proche partage une fausse information ?

Mieux vaut en parler en privé et sans moquerie, en proposant une source fiable et en posant des questions (« Où as-tu vu ça ? ») plutôt qu’en le contredisant frontalement, ce qui renforce souvent les convictions.

Comment repérer une image générée par IA ?

Les détails incohérents (mains, textes illisibles, reflets, arrière-plans) étaient longtemps des indices ; ils deviennent rares. Le plus fiable reste de chercher l’origine de l’image et de vérifier si des médias fiables l’ont authentifiée. Certaines images portent des métadonnées de provenance.

Une information vraie peut-elle être manipulatoire ?

Oui : une statistique exacte mais isolée de son contexte, un fait réel monté en épingle, ou une information privée exposée pour nuire peuvent tromper ou blesser sans être fausses.

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