Aller au contenu
connaissance.org

Numérique · Internet et sécurité

Arnaques en ligne

Les arnaques en ligne reposent presque toutes sur l’urgence, la peur ou l’appât du gain pour pousser à payer ou à donner ses codes. Règle d’or : ne jamais communiquer un code reçu par SMS et raccrocher en cas de doute.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les escroqueries numériques changent de forme mais reposent sur les mêmes ressorts psychologiques : l’urgence (« votre compte va être bloqué »), la peur (« une fraude est en cours »), l’autorité (« ici votre banque », « ici la police »), l’appât du gain (« rendement garanti ») ou l’affection (relation sentimentale). Elles visent tout le monde, et pas seulement les personnes âgées ou peu à l’aise avec le numérique. L’hameçonnage par message, la porte d’entrée de beaucoup d’entre elles, est détaillé dans la fiche phishing.

Les arnaques les plus courantes

ArnaqueScénario typiqueCe qu’il faut savoir
Faux conseiller bancaireUn appel affichant parfois le vrai numéro de la banque signale une opération suspecte et demande de valider une « annulation » ou de transférer l’argent sur un « compte sécurisé »Une banque ne demande jamais de valider une opération pour en annuler une autre, ni de déplacer son argent
Colis en attenteSMS : « Votre colis est bloqué, payez 1,99 € de frais »Le site récupère les coordonnées bancaires ; souvent suivi d’un faux appel de la banque
Faux support techniqueUne fenêtre bloque le navigateur et affiche un numéro « Microsoft » ou « Apple » à appelerAucun éditeur n’affiche de tels messages ; il suffit de fermer le navigateur
Faux placementsPublicité avec une personnalité, plateforme d’investissement en cryptomonnaies ou en or, gains affichés au débutLes promesses de rendement élevé sans risque sont des escroqueries ; vérifier les listes noires de l’AMF
Arnaque sentimentaleRelation en ligne nouée sur des semaines, puis demande d’argent pour une urgence ou un voyageNe jamais envoyer d’argent à une personne jamais rencontrée
« Coucou maman »Message d’un « enfant » ayant changé de numéro qui demande un virement urgentAppeler l’enfant sur son numéro habituel
Fausses annoncesLocation de vacances ou véhicule à prix bas, paiement demandé hors plateformePayer uniquement via la plateforme officielle
Faux acheteurSur un site de petites annonces, l'« acheteur » envoie un lien pour « recevoir le paiement »Le lien vole les coordonnées bancaires ; on n’a jamais besoin de saisir sa carte pour recevoir de l’argent
Fausses administrationsFaux messages des impôts, de l’Assurance maladie, de l’ANTS, du compte formation, des amendesPasser toujours par le site officiel tapé soi-même
Arnaque au présidentUn faux dirigeant demande à un employé un virement urgent et confidentielToujours vérifier par un autre canal
SextorsionCourriel affirmant avoir filmé la victime et exigeant un paiementGénéralement un bluff envoyé en masse ; ne pas payer

Les nouvelles techniques

  • Usurpation de numéro (spoofing) : le numéro affiché peut être falsifié, y compris celui de sa banque ou de la gendarmerie.
  • Hypertrucages : fausses vidéos de personnalités vantant un placement, voix clonées d’un proche ou d’un dirigeant grâce à l'IA générative.
  • Faux sites très bien imités, achetés en publicité pour apparaître en tête des moteurs de recherche.
  • Codes QR piégés collés sur des horodateurs ou envoyés par courrier.

Les signaux d’alerte

  • On vous presse : il faudrait agir tout de suite.
  • On vous demande un code reçu par SMS, un code d’application bancaire, un mot de passe, ou de valider une opération.
  • On vous demande d'installer une application de prise de contrôle à distance.
  • On demande un paiement par carte prépayée (coupons), cryptomonnaie, virement vers un compte inconnu ou mandat.
  • On vous demande le secret (« n’en parlez pas à votre conseiller »).
  • L’offre est trop belle ou le gain est garanti.

Que faire si l’on a été victime

  1. Faire opposition sur sa carte bancaire immédiatement : appeler sa banque ou le serveur interbancaire d’opposition au 0 892 705 705 (service payant), disponible 24 h/24.
  2. Contacter sa banque pour tenter de bloquer ou de rappeler un virement ; plus on agit vite, plus les chances sont grandes.
  3. Changer les mots de passe des comptes concernés et activer la double authentification.
  4. Conserver les preuves : captures d’écran, numéros, adresses, références de virement.
  5. Porter plainte au commissariat, à la gendarmerie, ou en ligne pour certaines escroqueries via la plateforme THESEE. Le dispositif 17Cyber oriente les victimes.
  6. Si la carte a été utilisée à votre insu, signaler les paiements frauduleux sur Perceval (service-public.fr), avec la carte toujours en sa possession.

Où signaler en France

SituationOù signaler
Victime ou doute sur une cyberattaque ou une arnaque17cyber.gouv.fr, cybermalveillance.gouv.fr
SMS ou appel frauduleuxTransférer le SMS au 33700
Contenu illicite en lignePharos : internet-signalement.gouv.fr
Informations et conseils sur une escroquerieInfo Escroqueries : 0 805 805 817 (gratuit)
Faux placements financiersAMF Épargne Info Service : 01 53 45 62 00
Pratique commerciale trompeuseSignalConso (DGCCRF)

Au Québec et au Canada, on peut signaler une fraude au Centre antifraude du Canada (1 888 495-8501) et à son service de police local. En Belgique, le site Point de contact du SPF Économie recueille les signalements.

Questions fréquentes

La banque rembourse-t-elle en cas d’arnaque ?

Pour un paiement effectué sans votre autorisation, la banque doit en principe rembourser rapidement, sauf négligence grave de votre part. Si vous avez vous-même validé l’opération, même trompé, le remboursement est souvent refusé ; les tribunaux examinent au cas par cas, notamment dans les affaires de faux conseiller.

Comment un escroc a-t-il obtenu mon nom et mon numéro ?

Souvent par des fuites de données de sites ou d’entreprises, revendues en ligne. Le fait qu’un appelant connaisse vos informations ne prouve donc pas qu’il soit légitime.

Peut-on récupérer l’argent envoyé en cryptomonnaie ?

C’est très difficile. Se méfier ensuite des « sociétés de récupération » qui promettent de retrouver les fonds contre paiement : c’est souvent une seconde arnaque.

À lire aussi

Internet et sécurité : toutes les fiches